Tsili met en scène une jeune juive simplette, abandonnée par sa famille lorsqu'arrivent les nazis et qui va survivre à l'occupation nazie en prenant la campagne. Il est difficile de décrire la brutalité et la simplicité de ce texte court et bouleversant. Aussi étrange que cela puisse paraître, on croirait lire un conte - un conte d'Andersen, évidemment. On peut aussi rapprocher ce ton sec, désincarné et dénué d'effet mais parvenant à tendre au mythe des efforts de Cormac Mc Carthy. Vingt ans après Tsili (1982), Aharon Appelfeld a fait le récit de sa propre adolescence dans Histoire d'une vie (2003) où il dépeint ses années de guerre passées à se cacher de ferme en ferme, à vivre de rapines et d'expédients, en Robinson échoué dans une Europe entièrement asservie à l'objectif d'exterminer son peuple. Tsili, c'est lui.