Ce film est assez étrange car à première vue la communauté Hassidim passe pour être un modèle de vertus un peu surannées mais bine réelles. Y traiter de l'homosexualité relève donc de la gageure, voire de la provocation. Cependant on voit mal pourquoi une attirance homosexuelle serait réservée à des individus forcément athées. L'auteur se place donc dans un univers où l'homosexualité n'a aucune place, ce qui rend l'aventure de Aaron et Ezri encore plus dramatique. Mais il y a aussi une autre aventure sentimentale, hétérosexuelle celle-là, qui sera tout aussi condamnée par des pratiques religieuses d'un autre âge que l'auteur dénonce. Le film se présente donc comme un réquisitoire sur des pratiques communautaires qui ' en quelque sorte ' excluent tout sentiment préalable, partant tout amour vrai, à l'union conjugale. Aaron ets marié, il aime sa femme et aussi ses enfants, et sans doute très sincèrement, mais d'un amour éteint, qui n'a rien à voir avec la plénitude lumineuse que lui procure le fait d'être à coté de son amant Ezri. Aaron n'a rien d'un gay refoulé qui « compense » son mariage par de nombreuses aventures ponctuelles comme le font beaucoup d'hommes mariés malgré eux. Mais cette dichotomie est condamnée d'avance, tout le monde le sait, lui-aussi assurément. Il va cependant aller jusqu'au bout sans se révolter, ce que pourtant l'on attendrait de lui, au moins un peu. Il y a là un point intéressant. Il endure les menaces, les injures publiques, les dangers (pierres dans sa vitrine) et les affronts de plus en plus appuyés jusqu'à la gifle que lui donne le rabbin, un rabbin caricatural qui sera repoussé avec violence, mais il ne cède pas. Son amour reste le plus fort. Il finira par se résigner, tout en sachant qu'il ne supportera pas le départ d'Ezri et qu'il va vers la mort. Nous revenons donc toujours à la notion de souffrance humaine engendrée par l'amour, le fait n'est pas nouveau et a rempli des bibliothèques, mais ici la nature même de la relation amoureuse dans son contexte religieux borné ne brosse qu'un tableau pitoyable de la « charité » humaine qui hurle, à de pauvres hommes, l'interdiction d'aimer. C'est affreux. Ce film est remarquable mais peut choquer, il faut donc le regarder avec intelligence et sans préjugé. Le message set clair : l'amour est au-dessus des lois. A acheter sans crainte, à rgarder et à partager.