Ah l'informatique c'est super...sauf quand ça tombe en panne. .Si je vous dit ça c'est qu'une très chère amie à moi, méridionale et infirmière vient de voir son PC terrassé par un virus.
N'écoutant que son devoir d'informer les amazonautes , elle m'a transmis par porteur spécial cette chronique ,me chargeant de la publier sur mon profil, c'est bien volontiers que je lui rends ce service, y'a qu'à demander ! Remercions là et savourons donc :
« Tueurs à gages est un film américain de 1942 sorti sous le titre original de « this gun for hire » et est l'adaptation d'une nouvelle de Graham Greene « a gun for sale ».
Il est signé Franck Tuttle(1892 -1963) dont c'est le film le plus connu et réussi- avec
La clé de verre, adaptation de
Dashiell Hammet- et est un des films noirs majeurs de l'époque. On lui doit aussi les excellents « les assassins de l'ombre » , « le tueur tapi dans la nuit », « Noir comme la mort », « crepuscule mortel » ou « l'ombre du coupable par une nuit sans lune » avec Gertrud Bacall, demi saeur de la Lauren dont ce fut la seule apparition au cinéma ; il faut dire que coté physique elle ne ressemblait pas vraiment à sa saeur , et elle jouait dans ce film une crémière amoureuse d'un policier véreux , crémière qui aurait un peu abusé de ses produits, ce qui explique son surnom de « la grosse » ,moins glamour que " la divine "..
Ah le film noir je pourrai vous en parler pendant des pages, avec mon pote Fredo le ralingue, le film noir et ses vamp vénéneuses, ses amants machiavéliques , ses facteurs qui sonnent toujours plusieurs fois, ses seconds rôles aux tronches patibulaires, ses détectives à imperméables,chapeau et cigarette , ses espions qu'on démasque à la fin, ses grands acteurs et actrices qui font rêver , Lauren, Humphrey ,Rita ,Ava, Burt,Edward G, Gene, Lana, Robert, James, je les aime tous !!
Mais revenons à ce grand film , d'une beauté fulgurante et d'un suspense à couper le souffle que je revoies toujours les larmes aux yeux , scotchée à mon canapé , en dévorant d'un aeil le beau Alan Ladd,presque aussi mysterieux et attirant que Rockin,et de l'autre une salade, niçoise bien sur. Car comme dans tout bon film noir, le romantisme s'invite et transcende la beauté des amants, mettant à nu les sentiments, avec cette pudeur propre au grand cinéma Hollywoodien de ces années là . Mais n'allez pas croire que je ne regardes que des vieilleries, je me tiens au courant aussi des sorties récentes , tiens je viens de voir Orange Mécanique ! Moi qui suit une grande romantique, qui défendit ardemment Twilight contre un aigri , je fonds en larmes quand le maître chanteur jette un regard dur sur sa maîtresse et lui dit « viens là poupée », lui colles deux beignes , puis part dans la nuit en claquant la porte , sublime, grandiose, grandissime et même beau.
L'image est superbe avec ce noir et blanc et toutes ces nuances de noir, et de blanc, comme sur ce sublime couche de soleil qui illumine la montagne ,noire, et se reflète sur la neige, blanche, superbe ! Ou cet arc en ciel que l'on devine (pas facile en noir et blanc !) dans le fondu enchaîné après le travelling quand le héros à tricycle est poursuivi par les espions nazis en avion. Pas étonnant quand on sait que le chef de la photo n'est autre que l'immense Robert T.Blackwell, qui- est il besoin de le rappeler- s'illustrera dans un fameux film d'Orson Welles dont a déjà très bien parlé un talentueux commentateurs
ici. La mise en scène est soignée et audacieuse pour l'époque avec des contre champs vertigineux et des travellings fulgurants comme cette incroyable poursuite de train en landau (hommage évident au
Cuirassé Potemkine) , un grand moment de cinéma. L'atmosphère générale est glauque comme dans cette sublime scène sur les quais déserts de Chicago balayés par les vents , quand Ladd fait le guet , appuyé contre une grue, alors qu'au loin 2 dockers s'embrassent, du moins c'est ce que veut nous faire croire le réalisateur, en réalité l'un essaie d'allumer sa cigarette sur celle pendue aux lèvres de son collègue, génial faux semblant qui sera reprit par le réalisateur bosniaque Zviko Sliponizovic dans son fameux court métrage comique « grève de la faim à Sarajevo » , plagiat flagrant et peu relevé par les critiques pourtant.
Ah oui au fait le film, je vous le dis, à mon humble avis il est fantastique, extraordinaire merveilleux et même bon. L'histoire ? Impossible à résumer en quelques mots tant elle est foisonnante et touffue,et pleine de rebondissements,disons qu'il y est question de tueur à gages, de détectives ,de maîtres chanteurs, de traîtres, d'espions, de patriotisme mais aussi de romance et d'amour et au final de rédemption. Il est à noter que c'est une des premières fois qu'il est fait une profondeur psychologique à un tueur, qui le rend humain ; comme dans ce plan du début où on le voit jouer avec une femme et caresser son chat, ou l'inverse je ne me rappelle plus.
Dans les rôles titres l'inoubliable ...mince comment déjà...ah oui, Alan Ladd alias
L'Homme des vallées perdues et Veronica Lake dont il se murmura qu'ils ne firent pas des galipettes qu'à l'écran durant le tournage ,mais cela ne nous regarde pas...Ceci dit leur passion irradie chaque scène et,pour l'anecdote, la beauté incandescente de Veronica Lake fera naître l'expression « Y'a pas le feu au Lake »
Un très grand film à découvrir, une vraie splendeur Hollywoodienne et , je vous l'assure amis cinéphiles, un bijou de film, comment déjà, bleu, non, violet, non,ah oui ..NOIR!