Quand Mickey vient apporter 10 kg de viande au père de Mallory, c'est le coup de foudre. Le livreur part avec la jeune fille mais est arrêté pour détournement de mineure. A sa sortie, il formera avec Mallory un couple de hors-la-loi sans respect pour aucune règle.
Sorti en 1995, Tueurs-nés est encore un choc esthétique : Oliver Stone a utilisé 18 formats différents pour filmer la cavale de Mickey et Mallory. La réalisation, très nerveuse, est imprévisible, variant du pastiche de sit-com au dessin animé façon The Wall, en passant bien sûr par le format TV. La bande-son, hétéroclite elle aussi, va de Bob Dylan à Léonard Cohen, avec des emprunts à d'autres films comme Birdy, de Peter Gabriel. Le résultat est une sorte de clip violent et entraînant, à la séduction vénéneuse, interprété par des comédiens talentueux, au rang desquels Tommy Lee Jones, Tom Sizemore et aussi Robert Downey Jr (Larry dans Ally Mac Beal saison 4 !) qui ont tous des second rôles extrêmement bien servis.
Le message de Tueurs-nés n'est pas clair. On comprend qu'il ait suscité une polémique à sa sortie, Oliver Stone étant accusé de se servir du prétexte de la dénonciation de la violence, dans la société et à la TV, pour pouvoir justement aligner des scènes brutales gratuites. La réalité est à mi-chemin car on ne peut nier l'acidité et la volonté critique du réalisateur quand il montre des tueurs en série déchaîner des hystéries dignes des Beatles dans le public !
En bonus, on a droit à 6 scènes coupées d'un total de 25 mn, commentées par Oliver Stone, assez intéressantes dans l'ensemble. Y apparaissent notamment les deux jumeaux body-buildés qui jouaient dans Barbarians, les frères Hun. En plus, on a droit à une fin alternative et un commentaire audio du réalisateur, permettant de prendre conscience de l'importance de la censure aux Etats-Unis.
Au final, voici une édition complète pour un film qu'il serait dommage de manquer, tant pour sa forme, très soignée, que pour son fond, ambigu et finalement assez complexe.