Tuez Charley Varrick (en américain, plus simplement Charley Varrick) est un film méconnu de Don Siegel qui commence à être redécouvert et qui a marqué des générations de cinéastes.
Un couple et deux acolytes dévalisent une petite banque au Nouveau Mexique. L'affaire tourne mal: un complice est abattu par un agent de sécurité de la banque et la femme de Charley Varrick est mortellement blessée. Plus grave: Charley Varrick s'attendait à un petit butin, une petite banque dans une petite ville en pleine campagne ne devant pas rouler sur l'or. Mais ils 'avère qu'ils ont volé plus de 750.000 dollars, somme absolument colossale à l'époque (1973). Ce qui réjouit son jeune associé l'inquiète à juste titre; c'est de l'argent de la mafia, en cours de transit, dont ils se sont emparés. Un tueur de la mafia est dépêché sur les lieux. Pris en chasse par la police et l'organisation, Charley Varrick peut-il s'en tirer?
C'est un film exceptionnel qu'a tourné Don Siegel, sans doute le meilleur de toute sa carrière. L'histoire est vive, prenante, attachante, à la fois dure et tendre. Au-delà, s'avançant masqué, Don Siegel transmet à travers son film un message et une alarme. Il se fait le défenseur de l'individu face aux organisations. Charley Varrick, "le dernier des indépendants", a été broyé par la société officielle. Malgré son talent, sa petite entreprise a périclité. Il est toujours en butte à des organisations qui le dépassent. L'organisation officielle de la société, qui arrive à repérer dans une toute petite ville les coordonnées de sa plaque d'immatriculation et l'organisation tentaculaire de la mafia, renseignée par un réseau implanté partout auquel aucun individu ne peut échapper. Aucun? Peut-être Charley Varrick, le symbole du dernier homme libre, mis cette liberté, il doit la payer chèrement.
Très bonne analyse du film en bonus par Alain Corneau.