Le bilan meurtrier des émeutes qui ont secoué la Tunisie depuis le 18 décembre est colossal. La France, tout au long du conflit, est restée silencieuse, ou maladroite. « On ne peut que déplorer les violences en Tunisie » a déclaré prudemment la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie. Lextrême retenue de la France face à la répression en Tunisie traduit une attitude profondément ancrée dans lhistoire des relations entre les deux pays. Premier partenaire commercial, ancienne puissance coloniale, la France a toujours eu des liens très étroits avec le Maghreb. Le bilan des 23 années de présidence de Ben Ali a été souligné récemment par le ministre de lAgriculture, Bruno Le Maire, qui a loué un président « souvent mal jugé », qui a « fait beaucoup de choses »
Pourquoi tant de prudence et de bienveillance ?

