Il existe 35 variétés de dromadaires, parmi lesquels le noble et rare méhari, originaire du centre et du sud de l'Algérie. C'est sans doute le plus beau de tous, prisé par les M'Razig du Sud tunisien pour la course, sorte de Formule 1 du Sahara. De couleur blanche, il peut atteindre 2,4 m au garrot et se distingue des autres par son allure particulièrement altière. Très impressionnant. Vous pourrez notamment le voir à l'oeuvre lors du Festival du Sahara à Douz (voir plus loin à cette ville).
Chaque chameau a son nom et reconnaît son maître de loin. Il n'y a pratiquement plus de marché aux chameaux. Si d'aventure vous en croisez un, sachez qu'un jeune dromadaire se négocie entre 400 et 900 Dt (240 et 540 ), et qu'un animal un peu plus âgé, et par conséquent plus expérimenté, coûte facilement 1 200 Dt (720 ). Avant de céder à la tentation, essayez tout de même d'imaginer la taille de la niche ! Lorsque vendeurs et acheteurs décident de faire affaire, ils se donnent rendez-vous au point d'eau où l'animal a pris l'habitude de venir boire depuis son enfance. Pour créer chez l'animal un réflexe d'enracinement, les chameliers abreuvent toujours leurs jeunes bêtes autour d'un unique point d'eau. On dit du chameau qu'il «blatère», un bruit guttural assez étrange. Lorsque vous l'aurez entendu, nul doute que vous comprendrez mieux toute la portée comique du verbe «déblatérer».
CHÉCHIA
On était tenu, dans la tradition tunisienne, de se couvrir la tête, et si les femmes se coiffaient de manière complexe, en utilisant châles et foulards, les hommes, eux, revêtaient la chéchia, fabriquée par les artisans de Tunis. La chéchia est un bonnet de feutre rouge qui ceint le front. Elle est encore portée par les hommes, alors que le reste de la tenue vestimentaire s'est occidentalisé. À l'origine, la chéchia était invisible, puisqu'elle servait à supporter le turban qui était lové autour d'elle. Elle n'a pas disparu avec le turban, mais sa forme a un peu changé : elle a rétréci et diminué en hauteur, puis a fini par perdre le gland de soie qui la surmontait. La technique de fabrication de la chéchia est très proche de celle du... béret basque. Le doute subsiste entre l'hypothèse d'un savoir-faire apporté par les Arabes lors de la conquête, et celle d'une technique transmise par les Andalous. La chéchia est faite d'un bonnet de laine, à l'origine blanche, tricoté par des femmes de la région de l'Ariana à l'aide de 5 aiguilles. Ce bonnet est feutré ensuite par un séjour prolongé dans une grande bassine d'eau chaude avant d'être teint en rouge dans la ville de Zaghouan. L'opération du foulage est pratiquée à Tébourba, l'ancienne Thuburbo Minus, puis le cardage est effectué à Tunis, dans les souks, avec des outils en forme de chardon. On peut encore assister à cette opération en visitant les derniers ateliers des chaouachis, maîtres artisans aux boutiques richement décorées. Le commerce des chéchias était jadis florissant, la Tunisie fabriquant une partie des chéchias portées au Moyen-Orient, en Turquie, en Egypte, en Syrie, dans certains pays africains et même jusque dans les Balkans. La forme et la couleur variaient selon les contrées. Ainsi les Libyens ne portaient que des couvre-chefs noirs. Certains Tunisiens portent la chéchia le 16 mars, Journée nationale du costume traditionnel. Une salle du musée des Arts et Traditions de la médina de Tunis est en partie consacrée à l'histoire et à la fabrication des chéchias. concurrence d'une fabrication française et même autrichienne (allez savoir pourquoi ?) dans la seconde moitié du XIXe siècle.