On prend les mêmes et on recommence. La même année 1965, sort un deuxième album des Byrds, lesquels ont eu la judicieuse idée de combiner le traditionnel folk américain avec la modernité du rock venu d'Angleterre pour donner naissance au folk-rock. La recette est payante et fructueuse (Mr Tambourine Man a fait un tabac), alors on remet ça. Un peu trop tôt peut-être, car Turn ! Turn ! Turn ! n'a pas la saveur de son prédécesseur. Deux pincées reprises de empruntées au catalogue de Bob Dylan (The Times They Are A Changin', Lay Down Your Weary Tune), trois pincées de morceaux composés par l'emblématique Gene Clark (Set You Free This Time, The World Turns All Around Her, If You're Gone), une petite pincée de chanson d'un Crosby qui prend enfin ses responsabilités à l'écriture (Wait And See), et une pincée de hit puisée dans la Bible (Bob Seeger), Turn ! Turn ! Turn !, un des plus grands titres qu'ils aient écrits (et qui tombe à pic dans le contexte du moment). Ce disque, encore plus court que le précédent, n'a pas la même saveur, disais-je, mais il reste un très bon opus, à l'image de l'ensemble de leur aeuvre durant les années 60/70. Sorti à la hâte pour Noël 1965, alors que l'Amérique est politiquement et socialement divisée, il souffre de cette précipitation mais tout allait très vite à cette époque. Il fallait être réactif pour ne pas être noyé dans la masse des groupes qui foisonnaient de toute part. Il sent trop le copié-collé de Tambourine Man, en plus inégal cependant. Les harmonies vocales sont toutefois toujours aussi agréables, la douze cordes de McGuinn est toujours aussi présente et efficace mais certaines tensions voient le jour. Gene Clark, l'auteur-compositeur charismatique du groupe, leur vraie force, en fera les frais dans les mois suivants, faisant de l'ombre au leader qu'était McGuinn. Quoi qu'il en soit, ce deuxième album des Byrds leur permet de se frotter, sans complexe aucun, au gotha du rock dont les Beatles sont l'élément dominant. Avec leur titre (Turn ! Turn ! Turn !), devenu un véritable hymne, le groupe assoit définitivement sa réputation. Ce disque, même s'il n'est pas celui que je conseillerais pour aborder les Byrds, n'en est pas moins un indispensable pour se familiariser avec leur histoire.