Extrait
Instantané
Suivant les hauts et les bas de la vie politique turque, l'ardeur du pays envers l'Europe s'est refroidie en 2006-2007. Déçus par la politique occidentale au Moyen-Orient, les Turcs commencent aussi à trouver que la sévérité des conditions d'entrée dans l'Union européenne (UE) risque de compromettre l'autonomie de leur pays. Mettant en avant la jeunesse de leur population (comparée au relatif vieillissement des pays de l'UE) et leur position géostratégique, ils affirment que l'Europe a bien plus besoin de la Turquie que la Turquie n'a besoin de l'Europe - "Qu'elle vienne à nous." Pourtant, le gouvernement continue de modifier sa législation et poursuit les négociations officielles sur l'adhésion, qui ont démarré en octobre 2005.
La question de Chypre constitue toujours un obstacle. Le refus de la Turquie "d'abandonner" les Chypriotes turcs continue d'assombrir ses relations avec la Grèce et Chypre - des pays membres de l'UE dont le soutien sera nécessaire à la Turquie. Par ailleurs, les poursuites lancées contre le plus célèbre auteur turc, Orhan Pamuk, pour avoir "insulté l'État turc" ont jeté des doutes sur l'attachement du gouvernement à la liberté d'expression. La Turquie pourrait bien rester en équilibre au seuil de l'Europe pendant quelque temps encore.
Quoi qu'il en soit, le pays connaît actuellement des évolutions intéressantes. Les autorités sont en train de remanier le réseau de chemin de fer et d'améliorer les infrastructures de transport. À Istanbul, le projet de construction d'un tunnel sous le Bosphore permettrait d'alléger les problèmes de circulation dans une ville au bord de l'implosion.
Le gouvernement du Premier ministre Erdogan peut aussi s'enorgueillir de ses résultats dans d'autres domaines. Il a réussi à naviguer habilement parmi les différents groupes d'intérêt. L'inflation galopante, cauchemar économique de la nation, a été jugulée. Malgré quelques revers, comme la chute de la monnaie au début de l'année 2006, l'emploi bénéficie d'une croissance solide. Les relations avec l'ennemi traditionnel qu'est la Grèce s'améliorent, à tel point que la collision entre deux avions de chasse turc et grec en mai 2006 n'a provoqué que des remous diplomatiques mineurs. La vie des Kurdes dans le sud-est de ï'Anatolie s'améliore enfin. Les concessions faites par le gouvernement à la demande de l'Europe ont suscité un optimisme croissant, et les forces de sécurité ont relâché leur pression sur les provinces kurdes. Certes, les attentats sporadiques perpétrés par un groupe dissident de rebelles rappellent que le problème est loin d'être résolu. Pourtant, pour beaucoup d'observateurs, la Turquie a définitivement tourné la page de la terreur des années Ocalan. On note même des signes de réchauffement dans les relations avec l'Arménie.
Cependant, la plus grande épreuve pour Erdogan, leader de l'AKP, un parti islamiste modéré, est sans doute de tenir tête aux institutions laïques, telles lue l'armée encore toute-puissante. Les deux forces ont déjà indirectement croisé le fer au moment des élections présidentielles (annulées) d'avril 2007. Voir p. 45 pour plus de détails.
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Présentation de l'éditeur
Survolez en montgolfière les cheminées de fée et le paysage lunaire de la Cappadoce. Imaginez avant tout le monde l'Est de la Turquie, une région merveilleuse encore méconnue. Imaginez la vie du monde antique à Éphèse, une cité parfaitement préservée. Explorez à pied, en raft ou en canoë les 18 km de la gorge de Saklikent ! Huit auteurs, plus de 300 jours de recherches dans le pays, 120 cartes détaillées et des douzaines de kebabs dévorés. Istanbul et les rives du Bosphore visitées pas à pas. Un chapitre sur la randonnée, du mont Ararat à la voie lycienne.
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