Attention on a affaire à du Twin Peaks de haute volée. Ceci est un préquel à la série culte Twin Peaks, il raconte le meurtre de Teresa Banks et les sept derniers jours de la vie de Laura Palmer, un personnage désormais ancré dans la culture populaire.
La série étant déjà difficile d'accés, il vous foudra l'avoir vu entièrement pour comprendre la moitié du film. Pour l'autre moitié, il faudra analyser chaque scène, plan, bout de dialogue, symbole, enchaînement. Chaque détail à son importance et enrichit la mythologie déjà très touffue et corsée de Twin Peaks. David Lynch fait ici un de ces films les plus chargés en thèmes et en histoires labyrinthiques qui vont en larguer plus d'un.
Ce n'est toujours pas avec ce film que les amateurs de scénario linéaire et compréhensible vont se mettre à apprécier David Lynch. Néanmoins, même si on ne comprend rien au film, on a des chance de se faire renverser par la puissance filmique du film. Lynch tire le meilleur parti de ses acteurs, et Sheryl Lee dans le rôle principal est exceptionnelle, et je n'utilise pas souvent ce mot galvaudé.
Mais bien sûr la palme revient à la réalisation unique, en mosaïque, hallucinée et fantasmagorique de David Lynch. Les images ont l'air de sortir directement de son esprit tordu, chaque scène contient une atmosphère différente qui s'accroche à nos tripes. Sans effet spéciaux, avec seulement un éclairage inouïe et une musique qui à l'air de secouer directement vos neurones, chaque scènes nous transportent dans des ambiances chargés d'émotions, de frayeur et d'extase. L'apogée de cette méthode est dans la scène de la boîte de nuit, où les stroboscopes et le jazz lancinant nous fait oublier que nous sommes devant un écran et que nous assistons un film. Ici, nous sommes dans le domaine de l'expérience.
Seul bémol : le film a tendance à s'éterniser vers la fin, mais ce n'est rien comparé à l'avalanche d'images véhiculés dans ce film expérimental qui restera durablement ancré dans nos esprits. La dimension de ce film est impossible à rendre dans une chronique, couplé à la série, on pourrait écrire des ouvrages entiers sur cette oeuvre fantastico-moderne fascinante.