Conrad! Un nom qui claque comme la voile d'un trois-mâts voguant sur la Mer de Chine... Un nom qui fleure bon les embruns et le varech... Un nom synonyme d'aventure, d'exotisme, de personnages inoubliables, tels
Lord Jim ou
Kurtz... Ah, quel romancier hors-pair que ce Polonais anglophone qui sut briser les carcans narratifs du dix-neuvième siècle et ouvrir ainsi la voie à Woolf, Joyce et Faulkner... Ce récit écrit en 1900 est une de ses plus émouvantes nouvelles... Histoire d'un capitaine qui précipite sciemment son navire au devant d'un typhon, et cela au mépris du risque, c'est à la fois le portrait d'un homme chahuté par les éléments et une réflexion sur le destin, la vie, la mort, l'héroïsme... Comme souvent chez Conrad, on ne voit d'abord que l'anecdote maritime, puis, à mesure qu'on tourne les pages, on prend la mesure du propos et l'on saisit toute la portée philosophique que recèle le texte... Quelle merveille d'intelligence et de sensibilité! Pas étonnant que Gide soit tombé amoureux de ce joyau littéraire au point de vouloir le traduire...