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Peut-on faire confiance aux médias ? Depuis l'affaire du faux charnier de Timisoara, les manipulations médiatiques de la guerre du Golfe ou encore l'orchestration politique de l'excès de zèle journalistique suscité par la vie extra-conjugale du président Clinton, la suspicion est sans doute plus que jamais de rigueur. Comment porter crédit à une presse toujours plus avide de sensationnel et dont la vocation d'information critique paraît ne plus pouvoir résister à l'attrait de l'événement en direct ? Cette inquiétante évolution s'inscrit dans le mouvement plus général d'une société où l'image et la communication sont devenues les tenants-lieu de toute culture. Internet contribue en particulier à accélérer la circulation de l'information, et à entraîner les salles de rédaction dans une course folle au "scoop". Le "slow news, no news" d'une certaine presse américaine est-il en train d'administrer la preuve que le journalisme est soluble dans le Web ? La télévision et sa dérive voyeuriste vers les "reality show" participe de cette même dynamique qu'Ignacio Ramonet, directeur du
Monde diplomatique, tente, dans cet essai, de saisir sous ses multiples facettes.
Pour approfondir la lecture de ce pamphlet incisif, publié pour première fois en 1999, on pourra lire de Serge Halimi,
Les Nouveaux Chiens de garde (1997) ; de Pierre Bourdieu
Sur la télévision (1996) ; de Jean Baudrillard
Télémorphose.
--Emilio Balturi
Quatrième de couverture
Alors que semblent triompher la démocratie et la liberté dans une planète largement débarrassée des régimes autoritaires, les censures et les manipulations, sous des aspects divers, font un paradoxal retour en force. De nouveaux et séduisants "opiums des masses" proposent une sorte de "meilleur des mondes", distraient les citoyens et les détournent de l'action civique. Dans ce nouvel âge de l'aliénation, à l'heure de la
world culture, d'Internet et de la "télévision-réalité", les technologies de la communication jouent, comme jamais, un rôle idéologique central : plus on communiquera, nous dit-on, plus notre société sera harmonieuse, plus grand sera notre bonheur. S'imposant comme l'obligation absolue, inondant tous les aspects de la vie sociale, politique, économique et culturelle, la communication exerce déjà sa tyrannie.