"Tyrannosaurus Hives"...rien que ça...la pochette laisse songeur. On ne sait pas ce qu'il y a de pire, le fond moutarde ("doré" disent-ils), leurs fringues cow-boy ou le trait horrible du dessin les représentant (reconnaissez-vous Howlin' Pelle sur la pochette? moi non plus). Quoi qu'il en soit un album ne se juge pas à son emballage (même si ça compte aussi...on pense au Velvet, entre autres) mais sur sa musique. On est vite rassuré, l'album part à 200 à l'heure avec le fulgurant "Abra cadaver" et les pépites s'enchaînent les unes après les autres, notamment les singles "Walk Idiot Walk" et "Two-timing touch and broken bones" qui sont irrésistibles. Les Hives étaient attendus avec ce 3ème album, ayant été parachutés "sauveurs du rock" avec Strokes, White Stripes et consors. Il apparaît rapidement que soucieux de ne pas se répéter, nos amis suédois ont eu une approche plutôt expérimentale dans l'élaboration de leurs chansons. Les moyens aidant - ils ont signé un contrat faramineux avec Polydor - les Hives se sont permis quelques extravagances, telle cette rythmique robotique à la Kraftwerk sur l'excellent "Walk Idiot Walk" ou les exhubérants effets stéréo de "Two-timing touch and broken bones" et "Love in plaster". Les Hives tentent un ska sur "A little more for a little you" très réussi mais se plantent lorsque Pelle se prend pour Screamin' Jay Hawkins sur un embarassant "Diabolic scheme" très inspiré d'"I put a spell on you". De plus, le tyrranosaure s'essouffle en fin de disque avec quelques chansons dispensables. Malgré ces détails, l'album contient son lot de bonnes chansons, ce qui peut lui valoir d'être considéré comme un bon album dans l'ensemble.