Un Empereur qui aspire à la guerre universelle se voit opposer la révolte de la Mort qui, « pour donner une leçon à l''humanité », cesse de tuer les gens. Pour sauver la situation, l'empereur se décide à accepter de mourir le premier. Arlequin, lui, symbolise la vie. Sur le champ de bataille, un soldat et une fille un peu garçonne ont réappris l'amour. La mort revient finalement, pour apporter la paix au Monde.
Ce court et énigmatique opéra fut composé par Viktor Ullmann au camp de Therensienstadt où il avait été interné par les nazis (comme le chef Karel Ancerl), camp qu'il ne devait quitter, après l'annulation de la première de l'œuvre, que pour être assassiné à Auschwitz, probablement à la fin de 1944. L'oeuvre est poignante par le choix qu'elle fait de la dérision et du refus du pathos, elle se distingue par son traitement allégorique de la folie meurtrière des hommes. Dans sa subtilité, le style musical d'Ullmann allie à un mordant à la Kurt Weill, un charme qui fait penser à Berg et une douceur mahlérienne (l'Abschied, qui se souvient du Chant de la Terre). L'interprétation dirigée par Lothar Zagrosek est bonne et ce disque accompagné d'une notice bien faite, précise quant au parcours du compositeur, reste un des meilleurs titres de feu la série intitulée Musique Dégénérée (d'après le nom de l'exposition que les nazis avaient consacré aux formes d'art qu'ils honnissaient). En complément, une série de Lieder chantés par Iris Vermillion. D'autres œuvres de Viktor Ulmann méritent également une redécouverte
ULLMANN Viktor, quatuor n°3, sonates 5,6,7.
Texte intégral, quadrilingue.