Il est intéressant de constater qu'après la sortie du 1er film, réalisé par Doug Liman (sorti en 2002) c'est Paul Greengrass qui réalisa les deux suivants (2004 et 2007) en continuité parfaite avec le premier volet, ce qui n'est pas toujours le cas dans la perspective d'une suite à un premier opus.
La caractéristique de ces trois thrillers est de nous présenter un héros ordinaire qui est tout le contraire d'un James Bond : il ne possède aucun signe de machisme, il n'est pas entouré de filles plantureuses, et il n'utilise jamais de gadgets superficiels. En celà, Matt Damon est absolument parfait : cet acteur tout à fait ordinaire ne fera phantasmer personne mais se contentera de se concentrer efficacemment sur son personnage amnésique qui, dès le début, se pose les trois questions essentielles : "Qui suis-je? Qu'ai-je fait? Pourquoi veut-on me tuer?". Car Jason Bourne est perpétuellement en fuite, pourchassé par la CIA qui veut lui faire la peau sans qu'il sache pourquoi.
Pour se donner une idée de la puissance de ces fuites incessantes, il suffit de penser à toutes les villes qu'il traverse et qui ne lui permettent jamais de se poser vraiment : New-York, Moscou, Berlin, Paris, Madrid, Londres, Tanger, Turin, etc...
Prenons le dernier épisode, par exemple : cantonnée à New-York, l'équipe de la CIA contrôle tous les déplacements de Bourne par l'intermédiaire d'écrans et de reseaux informatiques d'une précision diabolique, et tout celà dans une série de 3 scènes d'action d'une technicité incroyable, sans jamais avoir recours à une multitude d'effets spéciaux, comme c'est trop souvent le cas aujourd'hui. La première scène se déroule dans la gare de Londres, à pied, parmi une foule immense. La seconde dans les rues de Tanger, en scooter, pendant une scène de marché. La troisième, enfin, dans les rues de New York, en voiture (en hommage à "French Connection").
Ce n'est qu'à la fin que Jason connaitra son vrai nom et la raison des cauchemars qui le hantent, en se retrouvant exactement à l'endroit où il a été "crée" dans le cadre de missions qu'il croyait utiles mais qui n'étaient que manipulées par certains dirigeants peu scrupuleux.
Ce coffret anglais bénéficie d'une parfaite technologie : images et sons limpides, avalanche de langues et de sous-titres, commentaires sous-titrés, bd-live et procédé "picture in picture" qui est rarement (jamais?) utilisé sur les blu-ray français.