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Malgré son jeune âge (25 ans) et la précocité avec laquelle il sest attelé à faire avancer le schmilblik électronique, Squarepusher sest toujours révélé dune étonnante maturité musicale. Son huitième album (en 8 ans !) ne fait que confirmer ce constat. De là à dire que lalter ego dAphex Twin sest assagi, il ny a quun pas quon ne saurait franchir, tout simplement parce quavec Tom Jenkinson, on ne sait jamais sur quel pied danser dun morceau à lautre. Parfait numéro déquilibre,
Ultravisitor sautille à cloche-pied sur le fil de la drumnbass hystérique de ses premières amours, sur le jazz contrepointiste de
Music Is Rotted One Note, de la musique concrète, ou encore de beats hip-hop qui éclatent comme du pop-corn dans le tourbillon dune B.O de science-fiction. Le tout perché à très haut niveau, moitié enregistré en live, moitié dans sa maison de Chelmsford. Aujourdhui, plus que jamais, Tom Jenkinson nous donne à entendre au présent la musique dont on aimerait que le futur sinspire. De là à dire que nous tenons le chef-duvre de sa foisonnante discographie, il ny a quun pas que nous franchissons allegro au fil des écoutes
--Stéphanie Lopez
Description
Le sixième album de Squarepusher peut légitimement être considéré comme l’un des travaux les plus accomplis de sa carrière. Long de 80 minutes,
Ultravisitor est l’album le plus ambitieux et le plus dense de sa copieuse discographie. La pochette plus personnelle présente une photo en gros plan « face » de Squarepusher le regard aigu et triste fixant l’objectif. Si l’on s’en tient à ce portrait très brut,
Ultravisitor serait donc un autoportrait de l’artiste. A coup sûr, tous les styles musicaux explorés par Squarepusher depuis ses débuts sont ici présents que ce soit la drum’n’bass, la techno hardcore, l’electro, le dub, le jazz, le funk mais aussi les musiques contemporaines. Si les albums précédents étaient plus touffus et par moments inégaux, celui-ci, malgré sa longueur inhabituelle, semble avoir été extrêmement travaillé: impression confirmée en interview par l’artiste déclarant avoir passé plusieurs mois sur certains titres.
Le premier titre
« Ultravisitor », merveille de construction, résume l’ambition de l’album. Des breakbeats déchaînés et une mélodie acid house dignes de
Go Plastic succèdent à un jeu subtil de superpositions de claviers. Le morceau se poursuit par des effets d’écho et de distorsion sous forte influence dub. L’hybride
« Tetra Sync », long de 10 minutes, est un autre temps fort où l’équilibre entre jazz déconstruit et électro hystérique est porté à son sommet. Le plus acoustique
« I Fulcrum » voit Squarepusher signer un solo de basse digne de son maître Jaco Pastorius alors que celui de
« C-Town Smash » dérive plutôt vers le funk.
« Menelec », « Steinbolt », « District Line II» et « An Arched Pathway » reprennent les délires électroniques chaotiques de
Go Plastic avec une maîtrise encore plus confondante des programmations. Le très bruitiste
« Steinbolt », malgré son caractère éprouvant pour l’auditeur, garde le cap et se termine par un orgue lugubre du meilleur effet. Dans
« Lanbic 9 Poetry » et « Circlewave », pièces inclassables, se télescopent rythmes hip hop joués live et séquences improvisées déjà entendues sur
Music Is Rotted One Note.
« Andrei » et le titre final
« Every Day I Love », où Squarepusher démontre ses nouveaux dons de guitariste flamenco sont des respirations bienvenues sur cet album exigeant et riche.
Sur
Ultravisitor, Tom Jenkinson a réussit enfin la fusion des styles dont il rêvait sans rompre l’équilibre entre ses prouesses musicales (les solos de basse…et de batterie) et ses programmations électroniques délirantes. Avec son premier album
Feed Me Weird Things, ce disque en forme de bilan est une initiation très sûre à Squarepusher, un surdoué parmi les artistes du catalogue Warp.
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