Sorti en 1969,
Ummagumma marque le passage définitif de l'univers mystérieux créé par Syd Barrett, le génie fondateur du groupe, à celui plus pastoral de Roger Waters. Ce double album comporte d'un côté des titres live et de l'autre des titres enregistrés en studio. Les titres live ("Astronomy Domine", "Careful With That Axe, Eugene", "Set The Controls For The Heart Of The Sun" et "A Saucerful Of Secrets") reflètent parfaitement l'atmosphère grandiloquente, à mi-chemin entre la science-fiction et le grotesque, qui a fait le renom des prestations scéniques de Pink Floyd. Les titres enregistrés en studio, eux, ont plutôt bien vieilli malgré la lourdeur de leurs intros.
--Andrew Mueller
C’est en 1969 que Pink Floyd sort son premier double album
Ummagumma. Que cache ce titre sibyllin ? Serait-ce du
kobaïen, un mot provenant d’un langage initiatique ? Les légendes vont bon train entre l’acte sexuel (Un
Rhââ Lovely à la British) au petit pétard. Le mystère demeure. Mais que cet album ne restera pas dans l’histoire du rock est une quasi-certitude malgré un premier prix de l’académie
Charles Cros. La Pochette réalisée par les studios
Hypgnosis avec ses miroirs en cascades est bien plus remarquable que la qualité musicale de ce double album. C’est dire !
Ummagumma, est divisé en deux parties de qualité inégale. Le premier disque, montage de plusieurs enregistrements Live, regroupe 4 titres phares de l’époque psychédélique avec Syd Barrett. Il s’agit du fantastique «
Astronomy Domine», du déjanté et psychopathe «
Careful with that Axe, Eugene», puis de «
Set the Control of the Heart of the Sun» et enfin de «
A Saucerful of Secret». Ce disque est une sorte de testament, l’héritage psychédélique offert aux fans. A l’avenir, le groupe ne jouera plus ces titres en concert. Le second est une cours de récréation en folie où chaque membre du groupe prend le droit d’exprimer ses expériences ou délires musicaux. L’écoute de certains de ces opus à de quoi effrayer les mélomanes les plus tolérants. Richard Wright s’offre une descente aux enfers avec un «
Sysyphus» en 4 parties, pour piano et claviers frapadingues dont l’ouverture a un côté péplum. Roger nous invite à une balade bucolique dans le «
Grandchester Meadows» avant de définitivement tuer une mouche agaçante dans une diatribe gaélique. Ce «
Several Species of Small Furry Animals Gathered Together in a Cave and Grooving with a Pict» aura le mérite d’être un challenger honorable pour la chanson au titre le plus long. Mais c’est un titre ludique, genre travaux pratiques. En effet, un message est caché à 4,32 minutes. Pas de prières sataniques ni d’appel au meurtre. Si le cœur vous en dit, il faut passer le disque à une vitesse ralentie de moitié pour tenter d’entendre «It’s pretty avant-garde, isn’t it ?». Tout ça pour ça ! Viens ensuite David Gilmour qui nous propose une balade folk sur «
The Narrow Way» où son magnifique jeu de
slide prend toute son envergure pour évoquer le son planant des albums à venir. Pour l’anecdote, c’est sur la réalisation de cet album que David Gilmour aurait demandé à Roger un coup de main pour écrire des paroles. Sa réponse fut «NON». Enfin, c’est par un cocktail de percussions et un soupçon de flûte - joué par son épouse - que Nick Mason ferme la bal dans «
The Grand Vizier’s Garden Party». Bien qu
’Ummagumma se soit très bien placé dans les
charts dès sa sortie, l’album a plutôt mal vieilli. Il faut surtout le voir comme une balise, marquant un virage, dans leur carrière. Le passage de l’époque psychédélique avec Barrett, à une musique plus progressive qualifiée de
space rock. Chaque performance individuelle de cet album se retrouvera plus tard dans le maelström de leurs compositions.
Ummagumma est le marc de café annonciateur des albums comme
Meedle et
The Dark Side of the Moon. Il prouve également que la force d’un groupe est l’union des individualités. aka «Le Guise»
Vincent Gilot - Copyright 2012 Music Story