Aujourd'hui, on pourrait se demander: qui sait encore chanter une mélodie sans en rajouter: simplement placer sa voix sur les notes et véhiculer la juste émotion?
Si on retire de la liste des chanteurs francophones ceux qui articulent à la Obispo, du genre: "je t'zaime", celles qui en font des tonnes comme Julie Zenatti, et celles qui se sentent obligées de pousser quinze notes avant d'arriver à la bonne, il ne reste plus grand monde.
On a faim de simplicité, et voilà que Tina Arena nous sort cet album d'une perfection absolue.
On peut toujours lui reprocher son accent, mais jamais son interprétation. Tout est juste, sans excès, brut de brut, avec l'émotion là où il faut.
Pas de miaulement de chatte en chaleur, pas de râle désespéré, ni de message de détresse.
Pudique et efficace, cette voix qui semble ordinaire fait ce qu'elle veut, et nous embarque dans ce qu'elle raconte: elle nous touche au plus profond, car c'est un diamant brut au service du texte et de la mélodie ( et pas le contraire, comme semble le penser la majorité de ses consoeurs ).
Tina Arena nous a séduits avec un premier album correct, un second un peu "désordre", mais contenant le chef-d'oeuvre "Symphony of Life", et là, avec le troisième, pardon Mesdames de la chanson française, mais c'est une leçon qu'elle vous donne...
Si vous hésitez encore à l'acheter, passez-vous directement la plage 3: "Je m'appelle Bagdad", et la 10: "Changer": chair de poule garantie!
Toutes les chansons de cet opus accrochent, sauf peut-être la 5, qu'on aurait pu laisser à Jenifer, et on ne se lasse pas de ce timbre de voix naturel, et de ces superbes compositions taillées sur mesure.
Ca doit faire quinze fois que je l'écoute, mais pas de problème, je vais me le repasser une seizième. Quel bonheur!
Merci beaucoup Madame, et chapeau bas.