Un film qui m'a laissé plutôt indifférent. Ni amour ni haine, ni admiration ni aversion. Et pourtant je suis souvent d'accord avec la presse qu'on qualifie d' "intello", mais là, non...
Je ne suis pas rentré dans cette famille, qui n'atteint jamais l'ampleur des mythes antiques ou cinématographiques qu'elle est censée exhumer. Ça sent le souffre, le renfermé, le petit cloisonnement, et même ceux qui devraient déverrouiller la boîte de Pandore sont de pathétiques épaves. A part le gamin, looser mutique et mystique à l'image de l'idiot de Dostoïevski, ainsi que Faunia (Emmanuelle Devos), qui n'est qu'amour au milieu de la tourmente, peu de personnages m'ont touché dans cette symphonie familiale petite-bourgeoise gonflée à la citation jusqu'à éc½urement (Bergman "Scènes de la vie conjugale" et "Sarabande", Hitchcock "Vertigo", etc.)
Qui a enduré une famille "à problèmes" ou verrouillée de l'intérieur sait combien ces petites combines, ces haines et ces mystères sont en fait saisissants de banalité, à l'image du mal "prévisible" dont parle la fille Elizabeth, elle aussi haineuse jusqu'à la névrose. Qu'est-ce qui se cache derrière tout ça ? L'incendie de Rome ? L'explosion de l'Etna ? Tchernobyl ? Non, un "misérable petit tas de secrets" comme disait Malraux. Nous fallait-il une si laborieuse présentation du problème, et l'intervention de Nietzsche pour sa résolution ? Nous fallait-il un sous-bergmanisme de province pour quelques petites algarades prétendument mystiques ?
Qu'on me pardonne, je m'en vais relire une tragédie de Sophocle ou de Shakespeare. Je préfère l'Arcadie à Roubaix.