Critique
Dan Black, ex-leader de The Servant, a choisi la capitale française pour créer son premier bébé en solo, d'où son nom. Présenté comme un hybride,
(Un) mêle influences hip-hop, trip-hop, rock et electro. La voix de ce Britannique fan de Lou Reed et de David Bowie s'accommode effectivement de toutes sortes de mariages. Il l'a prouvé avec le single
« HYPNTZ », en samplant l'
« Umbrella » de Rihanna. Le titre, quasiment repris à l'identique est rebaptisé ici
« Symphonies » et sert d'ouverture à un disque plus pop qu'autre chose.
La voix, féminine et affectée, s'aventure certes toujours dans des hauteurs nasillardes parfois agaçantes, mais est moins limitée qu'elle n'y paraît, si bien qu'au fil du temps, cet équilibriste a su en faire son atout majeur en France (par exemple lors de duos remarqués avec Grand National et Duke Special dans l'émission
Taratata).
Le musicien, lui, revendique son incapacité à se cantonner dans un genre. Une attitude qui est sans doute la cause de faiblesses.
« Wonders », aux paroles aussi pompières que l'amalgame sonore sans âme qui la constitue, en fait partie. On est loin des débuts prometteurs de The Servant, quand un Black plus contrasté se montrait finalement plus convaincant.
Heureusement,
« Alone » et sa basse chef d'orchestre, l'irrésistible
« Yours », sorti en single, et surtout la justesse de
« Let Go », dont le trip-hop mélodique et le rock minimaliste, touchent la corde sensible, relèvent la barre. Constructiviste, jusque sur la photo choisie pour la pochette, fruit d'années d'expériences en groupe puis d'un long travail d'ermite solitaire,
(Un) signale l'éclosion d'un nouvel électron libre, décidé à électriser non pas
un mais
des publics, qui aiment papillonner d'une scène à une autre. Résolument dans l'air du temps.
Anne Yven - Copyright 2012 Music Story
Description du produit
Réunir, sur une même chanson, les paroles du Hypnotize de Notorious BIG, le beat de Umbrella de Rihanna, et les violons de Spaceman, le fi lm de John Carpenter sorti en 1984 ? Le pari semblait fou. Pourtant Dan Black l'a fait, porté par le désir de s'affranchir des frontières qui, trop souvent, séparent le rock, l'electro et le hip-hop. Bref, Dan Black a voulu n'en faire qu'à sa tête, mais le faire en beauté. Un souffl e de liberté qui anime l'ensemble de son premier album solo, UN. Lorsqu'en août 2008, il diffuse Hypntz sur sa page MySpace, Dan Black sait qu'il va surprendre ceux qui l'ont découvert au micro du groupe indie-rock The Servant. Pendant presque dix ans, il y a offi cié en tant que frontman charismatique et compositeur talentueux : personne n'oubliera Orchestra et Liquefy, bijoux mélodiques issus de leur premier album éponyme. Résultat : The Servant s'écoulera à plus de 150 000 exemplaires dans l'Hexagone. Deux ans plus tard, lorsque The Servant sort l'album How To Destroy A Relationship, il y retrouve un public fi dèle. Au cours de l'été 2007 Dan, surtout, ressent le besoin de mettre les voiles, et d'être le seul maître à bord. Enfermé dans son studio perso, Dan revient à ses premières amours, des sons electro-pop. Côté Angleterre, où The Servant s'était retrouvé noyé dans la foule de nouveaux quatuors indie, on sacre Dan Black meilleur espoir masculin de la pop 2009. Sur les ondes de Radio 1, Hypntz décroche le titre de « best track of the world » dans l'émission de l'éminent DJ Zane Lowe, et celui de « single of the week » chez sa non moins célèbre consoeur Jo Whiley . Quelques semaines plus tard, Dan récidive en dévoilant sur MySpace les vidéos psyché-fun de Yours et Alone : en quelques semaines, les clips seront visionnés plus de 500 000 fois sur le Net, tous supports confondus ; en février 2009, celui de Alone fi gurera dans le top 5 des vidéos les plus bloggées en Grande-Bretagne. A l'image des Calvin Harris, Friendly Fires ou autres Marc Ronson, toute une génération de bidouilleurs ayant joyeusement abattu les murs dressés entre les genres musicaux, Dan Black brouille les pistes pour en inventer de nouvelles.