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Sous les impulsions narquoises de Boyle, le récit fait alors alterner la débâcle vécue au présent par le narrateur avec feu ses déboires éco-terroristes. D'où il ressort que, malgré pléthore de mises en garde, personne n'a enrayé la fin du monde. Quand il ne pense pas aux peines d'emprisonnement purgées pour ses coups d'éclat ou à "la grande biomasse de l'humanité réduite à une sorte de bouillon de culture plein de morve et de reniflements", Ty rumine donc, dans une langue argotique et rude, une vie vouée à l'échec. "Le destin de la terre" a lessivé l'enfant du Baby Boom, le "jeune-vieux" increvable, de sa richesse personnelle comme de ses illusions.
Boyle serre son récit comme Ty tient les fauves en respect : une part non négligeable de son talent consiste à délivrer d'amères redéfinitions (l'optimisme n'est qu'un "léger déclin [du] pessimisme") et à faire attendre jusqu'à la p. 376 pour révéler le sort de Sierra en l'expédiant en 3 lignes. Telle est aussi la force des grands romans : traiter l'essentiel comme un moindre détail et élever maints faits anecdotiques à une hauteur que leur nature ne saurait justifier autrement que par l'intention de réjouir le lecteur. --Frédéric Grolleau --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
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Intéressante écriture à deux voix, aussi: on a l'impression de lire deux romans en parallèle, l'un sur la vie du héros dans les années 1990, l'autre trente ans plus tard.
Il n'empêche: son écoterroriste, Tierwater, personnage principal, a quelques côtés déplaisants: fait-on la paix avec la nature en faisant la guerre aux hommes, comme les actions du héros le suggèrent? A méditer.
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