Imre Kertesz se voit comme un produit de systèmes dictatoriaux. Apres Auschwitz, il devient le prisonnier du régime communiste en Hongrie.
Pour lui, il n'y a pas de différence entre une dictature communiste ou fasciste: les deux sont des systèmes politiques à parti unique avec un pouvoir non contrôlé dans les mains d'une oligarchie.
Dans ce livre formidable, l'auteur attaque la dictature communiste en Hongrie, où même une seule phrase d'opposition au régime n'était pas tolérée.
Il cherche une cause rationnelle pour cette oppression constante de l'individu et la voit plutôt de nature psychologique. La Hongrie possède une âme sadomasochiste et perverse, dominée par le complexe du père. La Hongrie a besoin d'un oppresseur pour justifier sa misère historique et un bouc émissaire pour ses échecs journaliers (l'antisémitisme).
Avec ses insultes homériques, le sentiment dominant dans ce livre est la nausée: 'le soldat devenait un tueur professionnel, les politiciens des criminels, le capitalisme un abattoir avec des incinérateurs, la loi une règle pour des jeux sales, la liberté dans le monde une prison pour des peuples et le patriotisme des génocides'.
Ce livre est un cri de désespoir d'un humaniste. A lire.