Film de guerre atypique que ce « Château en enfer », plus une fable sur la guerre et l'attitude des hommes dans des circonstances exceptionnelles que vrai film de guerre. Mêlant le fantastique au réalisme d'une époque particulièrement dure, Sidney Pollack étudie la réaction de personnages venant de milieux divers face à la situation du moment, à savoir la fameuse bataille des Ardennes de décembre 1944. L'aristocrate (Jean-pierre Aumont) essaie d'assurer sa descendance en jetant son épouse dans les bras des occupants successifs du château (un officier allemand, puis un américain) ; l'officier américain (Burt Lancaster) veut profiter de chaque instant avec intensité car cela peut être le dernier ; son adjoint lettré (Patrick O'Neal) tente de préserver la morale et la culture au milieu de la barbarie ; le prolétaire italo-américain (Peter Falk) se détache de sa fonction de soldat pour se conduire en civil ; le déserteur (Bruce Dern) prêche pour la fraternité entre les peuples malgré la guerre... C'est un véritable microcosme de la société que nous voyons vivre dans une sorte de monde parallèle pendant une bonne partie du film, mais l'histoire ne peut que se terminer dans le sang et la mort, époque oblige.
Une belle brochette d'acteurs au service d'un film inhabituel, une réflexion amère sur les horreurs de la guerre.