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Avec "Un complot de saltimbanques" l'écrivain égyptien nous entraîne dans une farandole absurde où de joyeux fumistes dansent avec la police politique. On pense - évidemment - aux services secrets peints par Lawrence Durrel, avec qui, d'ailleurs, Albert Cossery était lié.
Joyeux drilles de tous poils, vous êtes suspects. Telle est la maxime oscillant entre gravité et ironie d' "Un Complot de saltimbanques", signée Albert Cossery. Réédité chez Joelle Losfeld, le Buster Keaton de la littérature égyptienne sévit encore avec sa plume d'orfèvre où la société policière d'un pays du Moyen-Orient est passée au crible ravageur de l'humour et de l'humanité.
Une bande de joyeux drilles traînent leurs guêtres dans une ville de province avec l'intention affichée de ne rien faire. L' "étudiant" Teymour qui a acheté un diplôme pour justifier ses années oisives passées en Europe, l'acteur Imtaz qu'une myopie maligne a jeté malencontreusement dans les bras d'un homme, Medhat, le joyeux compagnon, pisteur invétéré de jolies collégiennes, tous ont en commun le sens de la vanité des attributs dérisoires qui font la marque des réussites sociales, une obsession du plaisir des sens à côté de laquelle Epicure ferait figure de terne pascalien et, en la matière, une absence de culpabilité qui leur confère ce charme immédiat dont jouit la fratrie universelle des fumistes et des insolents.
Seulement, il y a un hic. Une telle nonchalance est déjà mal vue des autorités. Mais que des disparitions mystérieuses commencent à se multiplier et voilà nos pieds nickelés en tête de la liste noire, établie par la maréchaussée
Fous rires garantis à la lecture de ce petit chef d'uvre qui nous rappelle que le rire constitue - à juste titre - l'acte de subversion le plus dangereux pour l'ordre établi des autocrates, idéologues et dogmatiques de tous horizons. Entre satire et impitoyable lucidité, Cossery parvient à éviter les pièges du lettré moraliste et redresseur de torts. Cossery reste humain et nous le prouve en mettant à rude épreuve notre muscle zygomatique. Car enfin, n'était ce spasme délicieux et salvateur qu'est-ce qui distingue l'Homme des autres espèces du règne animal ? --Fatia Ben M'Sik--
Quatrième de couverture
Après avoir mené grande et joyeuse vie à l'étranger durant sept ans, Teymour (le personnage principal du livre) décide de revenir dans sa ville natale - une ville d'Orient. Parti pour étudier, il revient avec un diplôme acheté et s'en va rejoindre ses anciens amis qui s'adonnent, avec une rare santé, à la « pratique » de l'oisiveté, et cultivent avec soin un goût prédominant pour la dérision et l'ironie, en même temps qu'ils revendiquent une parfaite liberté. Il va sans dire que, pour toutes ces raisons, le gouvernement local les considère comme de dangereux anarchistes. On retrouve les thèmes chers à Cossery : la dérision, l'humour et une critique acerbe des nantis. Le monde est un spectacle tragique et comique qui n'échappe pas à la perspicacité des "héros cossériens" mais l'intelligence des ressorts de ce monde les empêche de faire de celle-ci un usage absurde, c'est-à-dire de vouloir changer le monde, d'être des révolutionnaires. Leur parole est dénuée de violence mais non pas d'ironie.
--Ce texte fait référence à lédition
Broché
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