Sympa, Sebastopol, de raconter la fin du film à ceux qui ne le connaissaient pas !
Disons d'abord, que parmi les titres français d'oeuvres américaines, celui-ci est un des plus réussis : "Un si doux visage"... c'est somptueux. le titre original est "Angel face". ce film est l'oeuvre d'Otto Preminger, producteur et réalisateur de "Laura", ou "Autopsie d'un meurtre", "Mark Dixon détective"... autrement dit, un des plus grands ! Ce film met en scène une jeune femme, qui adule autant son père ruiné, qu'elle déteste sa belle mère richissime. Elle rencontre un brave ambulancier, Franck, qu'elle va prendre dans ses filets, le manipuler, afin de le faire complice d'un plan machiavélique... Franck, bonne poire, bien que quasi fiancé, succombera au chant de la perverse sirène...
Comme à l'accoutumée, Otto Preminger fouille les âmes noires et malades. Enveloppant ses personnages de décors somptueux, de mouvements de caméra calculés au milimètre (voir le sublime travelling dans le bar, lorsque Franck est au téléphone avec sa fiancée) il dévellope son histoire, scène par scène, où chaque regard, chaque geste, chaque réplique n'est pas là par hasard. Même si Diane nous apparaît assez rapidemment comme une démente, Otto Preminger nous réserve quelques scènes coup de poing hallucinantes, qui oriente le récit vers une direction innatendue. Diane est jouée par Jean Simmons, sorte d'Audrey Hedburn avant l'heure, toute en grâce et mystère, le regard d'une enfant, mais le carctère d'une brute. Franck, c'est l'imposant Robert Michum, impeccable, qui devient un pantin entre les mains de sa maîtresse.
"Un si doux visage" fait partie de ces fleurons du Film Noir, élégant et pervers, dont on ne se lasse pas de découvrir toutes les richesses.