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Un enfant de Dieu [Poche]

Cormac McCarthy , Guillemette Belleteste
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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

A quel moment Lester est-il devenu un monstre ? Chassé de chez lui, il erre dans les montagnes comme un charognard guettant ses proies. Ses raisonnements se simplifient, les actes laissent place aux pulsions et ses gestes deviennent ceux d'un animal traqué. Un monologue où se mêlent insultes et sanglots s'élève dans sa grotte peuplée de cadavres ; le grognement à peine humain d'un enfant de Dieu.

Description

C'est sans doute son innocence monstrueuse qui fait du héros de Cormac McCarthy un serial killer d'une espèce singulière, dont on accompagne presque malgré soi la descente aux enfers, de la misérable maison où il vit à l'écart du monde aux grottes où il entrepose les cadavres de ses victimes. Il est difficile d'imaginer plus grand dénuement, plus périlleuse inconscience et, surtout, plus terrible solitude. Inspiré d'un fait divers, Un enfant de Dieu prend en charge l'univers étrange des passions contre nature et, par-delà le bien et le mal, questionne les liens qu'entretiennent la révolte, la sexualité, le bonheur et la dépravation dans un requiem hallucinant, en exacte résonance avec nos pires inquiétudes. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

Détails sur le produit

  • Poche: 169 pages
  • Editeur : Points (18 septembre 2008)
  • Collection : Points Roman noir
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2757810197
  • ISBN-13: 978-2757810194
  • Moyenne des commentaires client : 4.1 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (7 commentaires client)
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Par Adam Zitten TOP 500 COMMENTATEURS
Format:Poche
De Lester Ballard, le personnage principal de ce roman, Cormac McCarthy nous dit que c'est "Un enfant de Dieu sans doute comme vous et moi".
Mais un enfant qu'on n'aimerait ni être, ni avoir !

Le visage en couverture de ce livre (dans la version poche que je possède) n'est pas sans rappeler celui des jeunes tueurs de "L'Orange Mécanique", tels que les a immortalisés Stanley Kubrick. Ces deux histoires sont très différentes, mais les agissements de leurs protagonistes ont en commun de plonger le lecteur dans un fort sentiment de malaise.

L'action se déroule dans l'État du Tennessee, USA, avant le milieu des années 1960.
Lester Ballard se fait déposséder de sa ferme. Il a 27 ans (son épicier regrettera que pendant tout ce temps de vie, il n'ait pas réussi à mettre plus que quelques dollars de côté, pour régler l'ardoise).
Socialement et professionnellement : (quasiment) rien. Sans argent, sans relations, et maintenant sans toit, sa situation risque fort de ne pas s'améliorer...
Lester n'est ni un comique, ni un grand penseur. Il ne s'exprime pas plus que nécessaire, et ce sont, je crois, les moments où l'émotion jaillit de lui en un langage inarticulé qui nous en apprennent le plus sur son état (il arrivera, plusieurs fois, qu'il s'effraie lui-même de l'écho de sa propre voix). Ses actes, comme vous le découvrirez, parlent pour lui et traduisent le troublant délitement de son équilibre mental.

Difficile d'émettre un avis TRES enthousiaste envers ce livre. Et pourtant je le trouve franchement très bien écrit !
La raison : tout est d'une désespérante noirceur, les personnages comme les faits décrits. A sa lecture, pas moyen d'esquisser le début d'une ébauche de sourire.

Je ne suis pas mécontent d'avoir lu ce roman, mais je suis encore plus heureux ou soulagé d'en être sorti. Un peu ce qu'on ressent face à "Un pour la route" d'Harold Pinter (au théâtre), ou "Eraserhead" de David Lynch (au cinéma). On peut en dire que ce sont des œuvres réussies,...mais désagréables. On n'a pas envie d'y revenir. Une fois suffira.
Vous voilà avisés...
Choisissez le moment qui vous conviendra pour le lire, et peut-être lui attribuerez-vous cinq étoiles.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
L'homme sauvage 24 septembre 2010
Format:Poche
C'est qui ?

Troisième roman de l'écrivain Texan bénéficiant depuis sa Trilogie des Confins d'un succès et d'une reconnaissance - tant critique que littéraire - croissante, et dont la notoriété s'affirme incontestablement depuis la parution de Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme (en cours d'adaptation à l'écran par les frères Coen) et plus récemment, de the Road (La route), accueillie par un enthousiasme unanime, Un Enfant de Dieu, très court roman de moins de deux cent pages, écrit en 1969 et publié en 1973, permet de retourner aux racines (du Mal) de l'écrivain...

C'est quoi ?

Inspiré d'un fait divers, le roman nous narre la lente mais inéluctable déchéance de Lester Ballard, jeune homme de vingt-neuf ans, délaissé de tous, livré à lui-même depuis le suicide de son père, vivant dans une cabane abandonnée en pleine forêt, dans une vétusté et un dénuement totales auxquels seule une solitude hermétique semble faire écho. De "l'homme social", Lester, par une succession d'étapes, par un glissements progressifs sur la pente de la folie, régresse au stade de "l'homme sauvage", puis de "l'homme animal", jusqu'à devenir "l'incarnation du Mal" : un tueur en série abattant froidement ses victimes pour les violer une fois le meurtre consommé... Descente dans le puit noir, humide et frémissant de l'âme humaine qui perd ses dernières bribes d'humanité.
La figure du Mal comme préoccupation centrale de cet Enfant de Dieu.
Une notion du Mal chère à l'écrivain, puisqu'elle se retrouvera dans tout le reste de son aeuvre, comme un fil conducteur, comme une charpente sous-tendant l'édifice. Plus qu'une préoccupation, une obsession (mais j'y reviendrais par la suite, dans mes prochaines kros).

C'est fait comment ?

Fantastique. Assourdissant. Inimitable.
Ce sont les mots qui viennent à l'esprit lorsqu'on se laisse sombrer dans l'univers de McCarthy. Un enfant de Dieu brille pourtant par sa concision : cent soixante-dix pages au total. Mais sa lecture n'en demeure pas moins une expérience qu'on n'oubli pas...
Pourquoi ?
A l'aune de ma maigre expérience, j'avancerai une réponse : parce que McCarthy ne se satisfait pas de cette étiquette "d'écrivain majeur" - parfaitement méritée cela va de soit... - qu'on lui colle. McCarthy est aussi - et peut-être avant tout - un homme. Un vrai. Il connaît l'odeur du sang. Il connaît le rythme pulsant du caeur qui palpite dans la poitrine de l'homme qui, de chasseur, est devenu proie ; il connaît l'odeur âcre de sa sueur qui glisse lentement sur son épiderme frémissant. McCarthy connaît les mécanismes de l'âme humaine : ses travers les plus pervers, comme ses espoirs les plus touchants. Et il sait les activer de sa plume... Il sait les mettre en mots avec une acuité, une pertinence, une force d'impact rare, qui saisit le lecteur autant qu'elle l'ébranle. Si McCarthy connaît l'Homme, il connaît aussi la Nature : l'exhalaison sauvage de l'écorce des arbres gorgés de sève, l'immensité sans fin des étendues rupestres où le regard se perd, le grondement tumultueux du torrent ondulant sous les flèches incisives d'un soleil de cuir. C'est au sein de ce décor primitif - pour ne pas dire originel - que ses personnages évoluent. Et Lester Ballard, dans cet Enfant de Dieu, n'échappe pas à la règle...

C'est écrit comment ?

Première assertion ici justifiée : "McCarthy fait parti des quatre plus grands écrivains américains contemporains" dixit Harold Bloom, critique américain. C'est indiscutable. On bénira au passage le travail de Guillemette Bellestre qui nous sert une traduction française nous permettant de profiter pleinement du style si âpre, si rude, si caractéristique de l'écrivain.
Du style ?
Oui. Vous avez bien lu. Du style. Notion qui a tendance à se perdre de nos jours au profit d'une uniformité morose de la prose, mais qui pourtant, chez certains écrivains, conserve encore toute sa valeur, toute sa saveur.
McCarthy est de ceux-là.
Pour définir son style, deux mots pourraient suffire : prose de la concision. Car ici, voyez-vous, pas de superflu. Pas de périphrases à tiroirs, pas de conjonctions à rallonges. Exit les amphigouris et compagnie... Non. McCarthy utilise le strict minimum. Le nécessaire vital. Aller à l'essentiel. Frapper peu, mais frapper là où ça fait mal : ses mots sont des cartouches, et ses phrases, des coups de fouet. Les unes comme les autres claquent dans l'air sec et percutent le lecteur entre deux respirations sans lui laisser le temps de reprendre son souffle :

"Elle était allongée par terre mais n'était pas morte. Elle bougeait. Elle avait l'air de vouloir essayer de se relever. Un mince ruisseau de sang coulait sur le linoléum jaune et disparaissait, noir, absorbé par le bois du parquet. Ballard étreignit son fusil et la regarda. Crève donc, sale conne, dit-il. Et elle mourut."(P103)

"Debout dans le renfoncement de la porte, il cligne des yeux. Derrière lui, il y a une corde qui pend du grenier. Sa mâchoire hérissée de quelques poils se noue et se dénoue comme s'il mastiquait quelque chose, mais il ne mastique pas. Ses yeux son presque fermés face au soleil et à travers les minces paupières veinées de bleu on devine les globes qui bougent, regardent. Un homme en costume bleu qui fait des gestes à l'arrière du camion. Un stand de limonade qu'on est en train de monter."(P10)

Une densité du rythme prosodique qui se retrouve aussi dans la mise en forme textuelle puisque aucun balisage, aucune démarcation - guillemets ou tirets - n'en sépare les passages narratifs des phases de dialogues : le tout est imbriqué en un seul bloc massif, presque étouffant. On s'attaque à la prose de McCarthy comme un bûcheron s'attaquerait à une bûche ou à un tronc : au début, on s'y heurte, on s'y cogne, mais une fois passée la douleur, c'est tout un univers craquant qui s'ouvre à notre imaginaire. Cette densité textuelle sert évidemment la narration, puisque sa rudesse apparente est à l'image de l'état d'esprit de Lester Ballard, le personnage principal qu'elle met en scène. En réalité, cette densité textuelle se révèle à l'image de l'aeuvre toute entière de l'écrivain en cela qu'elle se pose comme l'incarnation formelle de sa perception "triviale" et "sauvage" du monde.
McCarthy, un grand écrivain ?
Sans l'ombre d'un doute...

Et la profondeur dans tout ça ?

Ce qui achève finalement le lecteur, c'est bien cela. Car si la syntaxe se veut rustique, si le style identifiable entre tous est délibérément épuré, il n'en sert pas moins un récit riche et profond... Un exemple : le traitement de la Nature vierge et sauvage auquel procède ici McCarthy et qui n'est pas sans rappeler la vision développée par Giono dans sa trilogie de Pan (bien qu'évoluant dans un contexte totalement différent, certains parallèles pourraient d'ailleurs être tracés entre Panturle de Regain et Lester Ballard de cet Enfant de Dieu) : chez les deux écrivains, la nature n'est pas un simple décor vide qu'arpentent les personnages. Elle est une entité à part entière, presque dotée de vie... Je viens seulement de m'en apercevoir, mais à la limite, dans Un Enfant de Dieu, la nature - humanisée, personnifiée - s'impose presque comme plus "humaine" que les héros - systématiquement animalisés - qu'elle abrite... Paradoxe à creuser. Il y a aussi ce questionnement sur l'origine du Mal, et le traitement totalement impartial que l'écrivain en fait... Et il y a encore beaucoup, beaucoup d'autres choses...

Et alors ?

Ouvrir un roman de McCarthy, c'est prendre un ticket pour un voyage dont on est quasiment sûr de sortir ébranlé ; c'est s'enivrer des senteurs de sueur, de poudre, d'écorces et de sang mêlées, ces odeurs âpres et fortes qui vous collent à la peau longtemps après que vous en ayez été imprégné. Un Enfant de Dieu est une parfaite introduction à l'aeuvre unique de cet écrivain qu'il faut à tout prix connaître. Une fois que vous y aurez goûté, vous risquez fort de ne plus en démordre...
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Envoûtant 26 avril 2012
Par SBAR5000
Format:Poche|Achat authentifié par Amazon
Ce livre assez court est envoûtant et coupe le souffle à son lecteur.
Le malaise s'intalle parfois mais la puissance du livre emporte tout.
Tout comme dans son dernier livre , "La route" ,certaines scènes sont difficiles mais il est impossible de lacher ce livre qui se dévore d'une traite .
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