"Un garçon convenable" se déroule dans l'Inde post-indépendantiste de 1951. L'histoire de fond est celle de Lata et de sa mère, à la recherche d'un époux convenable. Mais l'objet de ce roman est à mon avis bien plus complexe car l'auteur a voulu décrire la société indienne de l'époque : avec ses enjeux politiques (descriptions des élections et campagne électorale) et religieux (processions décrites longuement, jours de fête, pèlerinage au Gange), les tensions musulmans / indous, les questions de caste, les rapports sociaux, les industries (par exemple celle de la chaussure), le système judiciaire, le milieu universitaire et intellectuel, la vie citadine et la vie rurale, etc.
En ce sens, Vikram Seth a écrit un vrai chef-d'aeuvre. D'une écriture très poétique, l'auteur recrée la société indienne de façon minutieuse et ambitieuse. Il faut savoir qu' « un garçon convenable » est le plus long roman écrit en langue anglaise de ces deux dernières décennies, et il est déjà reconnu comme un chef d'oeuvre de la littérature.
Ce roman est donc un petit bijou où des dizaines de personnages foisonnent. Mais il faut bien reconnaitre que ce qui en fait sa beauté et son génie, peut également se montrer un obstacle trop grand à surmonter : ce n'est certainement pas un roman accessible à tous de part sa longueur (il faudra beaucoup de patience et de temps au lecteur pour finir ce livre) et par la profusion des personnages, des noms, des mots religieux et autres qui sont autant de références parfois obscures pour nous autres, occidentaux moyens.
Donc je recommande vivement à tous ceux qui veulent mieux connaître l'Inde et qui sont prêts à passer un long moment en sa compagnie.