undrgrnd Cliquez ici Toys NEWNEEEW nav-sa-clothing-shoes Cloud Drive Photos FIFA16 cliquez_ici Rentrée scolaire Shop Fire HD 6 Shop Kindle Paperwhite cliquez_ici Jeux Vidéo
EUR 22,00
  • Tous les prix incluent la TVA.
Il ne reste plus que 1 exemplaire(s) en stock (d'autres exemplaires sont en cours d'acheminement).
Expédié et vendu par Amazon.
Emballage cadeau disponible.
Quantité :1
Un laboratoire du "s... a été ajouté à votre Panier
Vous l'avez déjà ?
Repliez vers l'arrière Repliez vers l'avant
Ecoutez Lecture en cours... Interrompu   Vous écoutez un extrait de l'édition audio Audible
En savoir plus
Voir cette image

Un laboratoire du "salariat libéral" : Les instituts de sondage Broché – 10 février 2011


Voir les formats et éditions Masquer les autres formats et éditions
Prix Amazon Neuf à partir de Occasion à partir de
Broché
"Veuillez réessayer"
EUR 22,00
EUR 22,00

Concours | Rentrée Kindle des auteurs indés Concours | Rentrée Kindle des auteurs indés


Offres spéciales et liens associés


Descriptions du produit

Extrait

Extrait de l'introduction

«Ils s'étaient installés dans le provisoire. Ils travaillaient comme d'autres font leurs études ; ils choisissaient leurs horaires. Ils flânaient comme seuls les étudiants savent flâner. Mais les dangers les guettaient de toutes parts. Ils auraient voulu que leur histoire soit l'histoire du bonheur ; elle n'était trop souvent que celle d'un bonheur menacé. Ils étaient encore jeunes, mais le temps passait vite. Un vieil étudiant, c'est quelque chose de sinistre ; un raté, un médiocre, c'est plus sinistre encore. Ils avaient peur. Ils avaient du temps libre ; mais le temps travaillait aussi contre eux.»

Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur la production et la «mesure» de l'opinion publique. De nombreuses critiques ont été émises sur la conception des enquêtes, les impositions de problématiques, la notion de représentativité, les questions que l'on pose à des gens qui ne se les posent pas, la fragilité voire l'insignifiance des chiffres publiés, les interprétations et les utilisations qu'en font les analystes et les médias. En revanche, on ne s'est guère intéressé aux conditions de production des enquêtes et encore moins à ceux qui les produisent au quotidien. Pourtant, les utilisateurs de sondage, au premier rang desquels les industriels qui commandent des études de marché, les journalistes et les «politologues» abonnés aux médias, auraient tout intérêt à se pencher sur une étape essentielle du processus de fabrication des chiffres dont ils se montrent si friands : le «terrain».

L'INVISIBILITÉ DES SONDEURS

Cette occultation des opérations de terrain tient en grande partie à la volonté de ne pas dévoiler des secrets de fabrication qui dérogent très souvent aux règles élémentaires de l'orthodoxie méthodologique et dont la publicité risquerait de jeter un discrédit général sur la profession. Mais elle tient également au statut des salariés qui les effectuent. Embauchés comme vacataires sous des contrats dépassant rarement la semaine, payés la plupart du temps au questionnaire et placés au bas de l'échelle salariale, ils ne sont pas considérés comme des «vrais» salariés par leurs employeurs qui leur refusent toute dignité professionnelle. Pour le sens commun, les choses sont un peu perçues de la même façon : faire des enquêtes, n'est pas un «métier» ou tout du moins un «vrai» travail ; tout juste un «job» d'attente ou d'appoint, un «petit boulot» pour étudiants ou pour arrondir des fins de mois difficiles. Une telle expérience ne pourrait revêtir d'autre signification. Pourtant, pour nombre de ces vacataires, il s'agit d'un travail «comme un autre» qui requiert des compétences, suppose un investissement important, leur fournit de quoi vivre et dans lequel ils réalisent une bonne partie, voire la totalité de leur carrière.
La condition de ces vacataires est peut-être également méconnue en raison d'un autre handicap. Bien que précaires, ils ne le sont pas assez pour entrer dans le champ de la sociologie de «l'exclusion». Ils démontrent, par leur existence même, qu'il est possible de vivre et d'être socialement «intégré» malgré une situation d'emploi incertaine en effectuant des tâches d'exécution quelque part aux marges du salariat sans pour autant relever forcément de la sociologie de la misère ou de la dépossession. D'un autre côté, ils ne représentent pas non plus une figure annonçant l'avènement de nouveaux modes de vie alternatifs en rupture avec le salariat. Bref, malgré des propriétés et des trajectoires spécifiques qui expliquent qu'on les rencontre dans ces emplois, ils sont «normaux», et c'est bien là le problème et tout l'intérêt de leur condition.

Présentation de l'éditeur

Omniprésents sur le devant de la scène politico-médiatique, les professionnels des sondages promettent de rendre la société transparente à elle-même par la «révélation» de l'opinion des citoyens/consommateurs. Mais ils cultivent l'opacité des coulisses et protègent jalousement leurs secrets de fabrication. Parfois, à la faveur d'erreurs trop manifestes, il leur arrive d'évoquer certains aspects de leur cuisine interne (pondération, redressement, biais d'échantillonnage). En revanche, on ne connaît pas grand-chose de la production des enquêtes et encore moins de la condition de ceux qui les réalisent. Ce silence ne révélerait-il pas le peu de fierté qu'en retirent les sondeurs ? Il est permis de le croire au regard du principe sur lequel repose le modèle économique de cette industrie : la flexibilité et la précarité généralisées. Employés le plus souvent sous des contrats de vacation ponctuels et de courte durée, les salariés d'exécution (enquêteurs, superviseurs, codificateurs, opérateurs de saisie) ne connaissent aucune sécurité de l'emploi. En recherche permanente de missions et en concurrence les uns avec les autres, ils doivent entretenir des relations quasi commerciales avec les cadres chargés de la distribution du travail et accumuler, par eux-mêmes, le capital de compétences qui les rendra «employables». Cette condition qui les place à la lisière du salariat et de l'activité indépendante tend à les convertir en petits entrepreneurs d'eux-mêmes.
Ce livre s'attache à analyser la condition de ces salariés qui incarnent l'avenir du salariat si on laissait au marché du travail le soin de se réguler lui-même ; un salariat libéral où chacun deviendrait seul responsable de sa fortune ou de sa faillite et dont les conséquences sur la vie des individus pourraient s'avérer désastreuses. Au détour, il interroge la légitimité sociale des entreprises de sondage et questionne la «qualité» de leurs données au regard de ce qui est «offert» à ceux qui les recueillent.

Rémy Caveng est maître de conférences en sociologie à l'université de Picardie Jules Verne, chercheur au Centre universitaire de recherche sur l'action publique et le politique (CURAPP), chercheur associé au Laboratoire de sociologie quantitative (LSQ-CREST, Insee) et au Centre de sociologie européenne (CSE-CESSP, université Paris 1-EHESS).



Détails sur le produit


En savoir plus sur l'auteur

Découvrez des livres, informez-vous sur les écrivains, lisez des blogs d'auteurs et bien plus encore.

Commentaires en ligne

Il n'y a pour l'instant aucun commentaire client.
5 étoiles
4 étoiles
3 étoiles
2 étoiles
1 étoiles


Commentaires

Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?