C’est un roman d’Horace McCoy, auteur du début du siècle ( 1897-1955 ) malheureusement méconnu, qui raconte comment un journaliste intègre et ennuyé par la dérobade des quotidiens devant les obstacles se met à son compte. Merveille longtemps censurée aux Etats-Unis, ce roman concentre toute l’amertume et la nostalgie de l’auteur. La critique de la censure sonne juste. La condamnation du livre montre exactement où le bât blesse.
Ressemblant curieusement au film de Richard Brooks, Bas les masques, avec Humphrey Bogart, on se demande si les scénaristes ne s’en seraient pas inspirés. Ce livre est le réquisitoire le plus acerbe et le plus efficace jamais porté contre les courbures d’échine d’une presse particulièrement soumise pendant la prohibition. Il ne s’agit pas de se laisser faire par le pouvoir établi de certains individus fameux pour leurs outrages à la loi, voilà ce que nous démontre Dolan, assisté de Myra, deux êtres étrangement inhumains, hors des normes, en avance sur les critères qualitatifs de leur époque.
« Quand Dolan fut averti par le téléphone que le directeur du journal désirait le voir dans son bureau, il sentit que ça allait barder, et tout en montant l’escalier, il se dit une fois de plus que le manque de courage de la Presse était dure a ingurgiter. »
Entame explosive et suite de roman mêlée de moments de crise, de rencontres capricieuses, parfois sordides, et d’une lutte désespérée jusqu’à…