N'y voyons pas malintention. Azouz Begag n'est pas un méchant, ni vindicatif ni revenchard. Simplement une arete lui est restée coincé entre incisive et canine et il n'a pas trouvé le bon cure-dents.
Azouz Begag est un pur, "un écrivain, un artiste", un de la societé civile appelé au gouvernement: le ministre de l'égalité des chances.
Il va se frotter à la rugosité, parfois la cruauté de la gent politique et il n'a pas encore le cuir suffisamment tanné pour celà.
Sa vision, ses analyses sont bons (voir C.P.E.) mais impuissant (il dépend du premier ministre) il a l'impression d'essuyer les plâtres.
le costume bleu s'il lui sied ne lui permet pas, à son avis, d'exercer pleinement ses fonctions.
Le bémol: Il a ce perdurant (et injuste) complexe invalidant de faire-valoir, "de beur de Villepin", "d'Arabe de service". Qu'il le pense et qu'il l'écrive celà nous met mal à l'aise, celà nous est douloureux.
C'est un sensible, ses rapports avec Borloo, Hortefeux et surtout Sarkozy sont parfois violents et laissent des traces. Il reçoit toute la misère, se démène, encaisse les coups et découvre, éffaré, l'importance et la violence des médias, surtout de la presse et ce à ses dépens.
Celà dit, sur la forme, le style est vif, imagé, plaisant, une pointe d'humour, un zest de poésie, deux doigts de dérision, le jeu des mots, on retrouve le Begag écrivain et toujours cet égal plaisir à le lire. Le livre est traité en forme de journal et sort de l'ordinaire.
Un bon livre. Ne pas passer à côté. Surtout pour l'écriture.