Un titre bien choisi pour ce film très actuel qui pose le problème de l''identité et de l''intégration des émigrants à travers un couple bengali de Calcutta parti aux Etats-Unis. Mira Nair développe son histoire sur une trentaine d''années afin d''exposer particulièrement la difficulté éprouvée par le fils de ce couple indien, né à New York, à se trouver des repères entre l''Inde et l''Amérique. A cela s''ajoute de façon humoristique le prénom saugrenu que lui a donné son père, « Gogol », par admiration pour l''écrivain russe. Mira Nair écarte intelligemment tous les clichés qui opposeraient tradition et modernité, en particulier à travers la jeune génération. Elle évite aussi le contraste facile entre la pauvreté de Calcutta et l''aisance américaine. C''est l''expérience culturelle d''une ouverture sur le monde que recherchent les personnages et non la fuite de la misère. Si Gogol réussit brillamment son parcours universitaire c''est dans l''échec de sa vie amoureuse que le problème de l''identité se fait le plus sensible. Le spectateur suit avec beaucoup d''intérêt les voyages des personnages, toujours entre Calcutta et New York, c''est-à-dire sans racines, dans ce film très personnel , humain et sincère , d''une cinéaste indienne installée aux Etats-Unis qui a sûrement un vécu très proche de celui de ses personnages, ce qui fait que tout sonne juste. Et ce qui est valable pour des Indiens en Amérique l''est pour tant d''exilés !