Lecture plaisante que ce petit ouvrage qui livre l'autobiographie des vingt première années de l''auteur.
Au départ, la généalogie presque exhaustive de l''auteur peut rebuter : une suite de noms, aux consonances exotiques et mystérieuses, au parfum suranné des années d''avant-guerre qui ne parlent malheureusement pas au lecteur mais qui permettent à Modiano de poser ses racines.
Une fois passées ces pages, Modiano livre alors des instants de sa jeunesse par bribes, comme un patchwork des vingt première années de sa vie. Et certains passages sont touchants, émouvants parfois: une mère presque toujours absente, qui veille encore moins sur ses garçons que sur un chow-chow, qu''elle abandonne au soin des autres. Un père qui est véritablement un personnage : mystérieux, fripon, charmeur, homme d''affaire, rêveur...' un être visiblement complexe dont on a du mal à cerner les projets et les attentes. La mort de son frère Rudy, évoquée pudiquement sur quelques lignes'... Les moments s''enchaînent avec simplicité, sautent d''une image à une autre comme la mémoire peut le faire quand on essaie de se rappeler de quelque chose et qu'un souvenir en appelle un autre.
Il ne semble pas il y avoir de recherche particulière dans le style ni de maniérisme dans l''évocation des souvenirs. C''est livré naturellement, presque avec naïveté et c''est cela sans doute qui émeut ; ça se lit d'une traite, en une heure et ça laisse dans l''esprit comme un vague à l''âme'...Le temps passe, chaque être vit, dans une époque donnée, des événements uniques qui le constituent, mais derrière le détail particulier de chacun, c''est parfois l''universalité des sentiments qui s''exprime et qui résonne en écho chez le lecteur.