Vincent Ravalec me fait penser à Villon et à la cour des miracles. Notre Dame s'est élargie à la banlieue, mais l'état d'esprit reste le même, une liberté absolue dans une galère de la même envergure. Ses personnages possèdent la force des simples, mélant la vigueur du langage à la simplicité foudroyante de Charly Gordon (Des fleurs pour Algernon, Daniel Keyes, J'ai Lu N° 428). Sa figure de style favorite semble être la contradiction dans les termes (l'oxymore, enfant chérie des américains et méconnue des français) ou dans les idées. Par exemple quelqu'un qui travaille sur un toit est considéré immédiatement comme un loustic (contexte oblige, le travail c'est louche). Carla (Joséphine et les gitans) est décrite comme 'une vraie sainte... quoique son auréole était loin d'être immaculée'.
Ses personnages éléborent (l'élébore est la plante des fous) des théories abracadabrantes, par exemple sur la chance et le hasard (Le Jackpot). Les situations sont glauques comme celles de Djihan. Les personnages, suicidaires autant qu'amoureux de la vie, accumulent les actions inattendues autant que drolatiques (pour le lecteur), telles qu'une overdose pour fêter la fin d'une cure de désintoxication. Bref, les nouvelles de Ravalec, constituent une collection de moments forts, qui enflamment les neurones.