Une fois n'est pas coutume, je vais commencer par parler …de la pochette. Un vrai plaidoyer pour le retour aux 33 tours et la fin de la dématérialisation de la musique…Ana y pose nue cachée par son instrument, la belle serbe explique que cela illustre la symbiose entre elle et sa guitare, sans artifices inutiles, "it's just me and my guitar"; on regrettera juste qu'elle ne s'adonne pas plutôt à l'harmonica ou au triangle…
Née en 1976 à Belgrade, Anna tombe très jeune dans la collection de disque de blues de son papa, guitariste, et apprend rapidement la guitare à son tour. Elle monte son premier groupe à 19 ans , Hush, qui ouvrira notamment pour une légende de Chicago, Junior Wells; puis déménage aux Pays Bas; c'est là bas et sur la scène allemande que sa notoriété va croître et en faire une guitare hero au féminin, dans un style blues rock musclé, j'allais dire "velu et burné" comme dirait notre ami Bruno, mais ces qualificatifs ne collent pas vraiment à notre amie…
Unconditionnal est son 5ème albums studio (+ 2 live) et a été enregistré aux Piety Street Recordings Studios de la Nouvelle Orléans, par volonté pour Ana de s'imprégner des vibrations et du passé musical de Niou Orlinsse.
Alors que je m'attendais à une entame musclée, on démarre pépère avec un beau blues tout en touché, slide , piano, "fearless blues" , suivi d'un titre plus blues rock " Count in me" avec Jason Ricci et son harmonica en invités. "Unconditional", "Reset rewind", "Business as usual" sont des blues rock mid tempo bien maitrisés avant le bien nommé "slideshow" où Ana duette en slide avec son second invité , le guitariste louisianais Sonny Landreth, ça chauffe dur!
La suite sera plus enlevé avec "your love ain't real", avec chœurs et solos à volonté, "work song" , un standard de Nina Simone (écrit par Nat Adderley, le frangin de Cannonball) , ça dépote grave , et un énorme solo final qui nous laisse sur le cul. Ana est passé à la vitesse supérieure, les blues rock torrides s'enchainent "summer rain", puis le "Voodoo woman " de Koko Taylor, un pur Chicago blues mis à la sauce texane, "one room country shack" , un blues sombre signé Mercy Dee Walton immortalisé par Buddy Guy sur laquelle Ana fait pleurer sa 6 cordes; et on termine avec "Soulful dress", qui fut un hit Rhythm & Blues de Sugar Pie Desanto (écrit par Maurice Mc Alister et Terry Vail).
Inconditionnel, pas de conditions pour moi non plus, pourtant je suis assez difficile en matière de blues rock, domaine où on en a soupé des apprentis "guitar-heros" et des clones plus ou moins réussis de feu Stevie Ray Vaughan...mais Ana a quelque chose en plus, un charme indéfinissable, dû peut-être à une pointe d'accent et un jeu un peu plus "soul" que la plupart de ses collègues masculins (Joe Bonamassa, Kenny Wayne Sheperd, Chris Duarte..).
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