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Commentaires client les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
L'art de la manipulation par un redoutable pervers narcissique (et par un brillant réalisateur).,
Par Cyril Gentil (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une affaire de gout (DVD)
Un parmi les meilleurs films français que je n'ai jamais vu (mais c'est affaire de goût, bien sûr...), « Une Affaire de Goût » n'a pas eu le succès qu'il mérite, et j'en suis (à moitié) étonné.Je n'ai pas résisté au plaisir de regarder quatre fois cet incroyable film, et peut donc vous en parler savamment. C'est l'histoire d'un jeune individu équilibré, disons plutôt « dans la moyenne supérieure » sur le plan intellectuel, mais encore tenu par la candeur et l'innocence de sa jeunesse. Coincé dans une situation de serveur d'un restaurant un peu guindé et à peu près aussi bien traité qu'un esclave, notre jeune homme va succomber à l'offre d'un client très fortuné, pour un poste abracadabrant de « goûteur » (un prétexte servant d'autres fins, bien sûr). Mais qu'importe, pour peu que cela lui permette de se sortir d'une vie sans avenir ni espoir. Le problème est que le fortuné client, aussi intelligent qu'il est pervers, comprend très bien la situation de détresse sociale et psychologique dans laquelle se trouve ce jeune serveur, et va en abuser pour faire de ce dernier le jouet de ses fantasmes narcissique de domination. Il n'y a rien de sexuel ; tout est dans l'incroyablement subtile violence morale que le riche narcissique va infliger à sa jeune victime, laquelle persiste cependant à prolonger sa souffrance en croyant à une fortune future qui demeurera « par procuration » ; et le film est assez bien fait pour faire comprendre pourquoi et comment. Le jeune serveur n'est pas réellement attiré par le gain matériel, en fait, mais succombe plutôt au plaisir de se sentir considéré par un homme d'exception, lui qui croyait n'être rien. C'est d'une formidable finesse psychologique qui en dit long sur l'intelligence et la culture du réalisateur Bernard Rapp (malheureusement décédé). L'histoire se termine tragiquement. Ce qui est frappant dans cette histoire, c'est la subtilité des méthodes de manipulation employées par le riche manipulateur, lesquelles sont presque toutes empruntées ou sont dérivées, assez curieusement, de celles qu'emploient les services secrets pour recruter des agents « consommables ». Mais ce n'est certainement pas un hasard, puisque Bernard Rapp, le réalisateur, a utilisé une connaissance et une maestria similaire, en matière de manipulation et de coups bas, pour réaliser « Tiré à Part », un autre et tout aussi excellent film qui approche plus franchement cette fois, et avec grand réalisme, l'univers des services secrets (Bernard Rapp n'était-il pas journaliste...). Au risque de surprendre les moins initiés, je classe « Une Affaire de Goût » dans la catégorie des films d'espionnage, et m'en justifie en expliquant que ce film raconte, sans jamais le dire ouvertement, comment un officier des services secrets recrute un agent en le prenant dans sa nasse, grâce au pouvoir que ses moyens financiers et son intelligence lui offrent. Si vous vous voulez savoir comment les cadres des services secrets recrutent leurs agents et rendent ceux-ci totalement dépendants, matériellement et psychologiquement, et bien « Une Affaire de Goût » montre avec une grande exactitude comment cela se passe dans certains cas. S'il n'était pas marqué par un style et une approche cinématographique très français, ce film pourrait faire de son auteur un héritier spirituel d'Alfred Hitchcock, je le prétends sincèrement. Les acteurs jouent vraiment bien leurs rôles respectifs, et le rôle du pervers narcissique totalement dépourvu d'empathie va comme un gant à Bernard Giraudeau. Bravo... A ceux qui aiment « Une Affaire de Goût », sachez que vous apprécierez tout autant "Tiré à Part", du même réalisateur. Je n'ai vu d'équivalent de cet excellent film que dans des livres traitant plus spécifiquement des techniques de manipulation, et dans le fantastique thriller politique/psychologique « Grandoria ». Quoiqu'il en soit, « Une Affaire de Goût » est un film qui ne laisse personne indifférent. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
l'exemple typique de ce que le cinéma français peut faire de bien, quand il renonce à se tirer une balle dans le pied,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une affaire de gout (DVD)
C'est amusant comme certains films peuvent vous marquer, en ayant l'air de ne pas y toucher. On se fait happer par une scène a priori anodine, vautré devant la télé, un soir où l'on n'a pas d'amis, avant de rester scotché jusqu'à la fin d'une aeuvre dont on ignorait totalement l'existence. Puis elle reste, s'insinue dans votre mémoire, sans contours précis, souvent sans même un titre. Alors on enquête fébrilement, en partant du nom des acteurs connus, fouillant dans leurs filmographies, pour retrouver l'objet du délit et le voir enfin en entier, sciemment, cette fois-ci sur nos gardes.Moi ça me l'a fait pour Une Affaire de Goût, et aussi pour T'aime, de Patrick Sébastien, mais pour des raisons différentes. Delamont (Bernard Giraudeau) est un industriel établi, riche, puissant mais également phobique et angoissé. Il rencontre par hasard Nicolas Rivière (J.P. Lorit) alors serveur en intérim dans un trois étoiles. Suite à une sorte de chaste coup de foudre, il finit par faire de lui son goûteur personnel. Mais d'un caprice d'homme d'affaire excentrique ce rôle va se muer en une relation toxique de dominant/dominé. Bernard Rapp offre à son spectateur le quasi huis clos d'un homme et sa proie, cela ne pouvait pas bien finir. Rien de bon La narration, basée sur un cross-over constant entre le bureau d'un juge d'instruction (J.P. Léaud) et le déroulement des évènements ne laisse planer aucun doute quant à l'issue du combat. Mais, à l'instar d'un épisode de MacGyver, tout l'intérêt réside dans le « Comment ? ». Le cheminement progressif et certain de l'exercice de manipulation suit son cours, au gré des facéties de Delamont. Le chef d'entreprise est difficile à suivre. On ne saurait trop bien expliquer le sens de sa recherche au travers de Nicolas. A-t-il besoin d'un double, en plus jeune, pour vivre par procuration, ce que laisserait penser la ressemblance croissante des deux personnages, soulignée ça et là par quelques trouvailles de mise en scène ? Répond-t-il simplement à une bête soif de pouvoir, cruelle et cynique ? A vrai dire, Giraudeau tient peut être là le rôle le plus intéressant de sa carrière, dans un film qui pourtant n'est pas mis en avant dans sa filmographie. Tyrannique, lunatique et calculateur, on pardonne tout à Fréderic Delamont car on le sait malheureux. Une Affaire de Goût est l'exemple typique de ce que le cinéma français peut faire de bien quand il renonce à se tirer une balle dans le pied. -----> Retrouvez toutes les chroniques de Second Souffle sur : http://lesecondsouffle.wordpress.com/ Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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