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En mars 1992, 2 500 courtiers, cadres et détaillants de la Française des jeux s'offrent une luxueuse croisière de 15 jours aux Antilles. Orchestres, langoustes et champagne gracieusement payés par l'entreprise publique. Journaliste politique, Frédéric Ploquin nous fait ici le portrait d'une époque où "La Française", de par l'importance des sommes brassées dans ses services, devint une véritable plaque tournante des recyclages et manœuvres financières de l'État. Comme une invite à "visiter les coulisses de la République", ce roman d'investigation nous dévoile les noms de plusieurs piliers de la "Mitterrandie", tels M. Charasse, M. Sapin, ou B. Tapie. Quand luttes de pouvoir et sommes colossales furent en jeu pour la gestion de cette formidable pompe à finance que fut La Française. Face à une telle accumulation de dérèglements, la justice française se mit en branle dès 1993 et se vit prise au piège, entre récupération de l'affaire par les amis de Jacques Chirac et pressions élyséennes pour taire le dossier. Voici donc le résultat de l'enquête d'un homme qui a voulu savoir le pourquoi de l'abandon d'un certain nombre de procédures judiciaires dans le cadre des "affaires" ayant agité le second septennat mitterrandien. --J.-S. Félix
L'Expansion
Les 26 millions de Français qui jouent régulièrement au Loto liront avec profit, si l'on peut dire, cette chronique de la gestion douteuse de la Française des jeux sous son ancien président, le publicitaire Gérard Colé, un proche de François Mitterrand. Investissements hasardeux, dépenses excessives, frais de représentation disproportionnés, rumeur de financement politique : à l'évidence, l'Etat, pourtant actionnaire majoritaire de la Française des jeux, a manifesté beaucoup de laxisme dans le contrôle de l'entreprise.
Quatrième de couverture
Lorsque François Mitterrand confie le Loto à son publicitaire préféré, Gérard Colé, il n'imagine pas que cette généreuse « pompe à finances » de la République va se transformer un jour en machine de guerre pour ses adversaires chiraquiens. L'affaire de la « Française des jeux » éclate au beau milieu de son deuxième septennat. Elle donne prétexte à éclabousser plusieurs protégés du Président : Bernard Tapie, Michel Charasse, ou encore à mettre en cause Henri Modiano, cet ex-député gaulliste que le locataire de l'Élysée avait pris sous son aile. Elle jette surtout sur le Président socialiste un lourd voile de suspicion, comme si l'« argent facile » qu'il décriait tant avait finalement eu raison des scrupules de son propre camp. Polar des « années fric » , ce livre dévoile les secrets de l'enquête menée par la police financière. On y voit comment les amis de Jacques Chirac se sont emparés du dossier pour le propulser à la une de l'actualité des « affaires » . Et comment l'Élysée a pesé de tout son poids pour désamorcer le scandale à une époque où bien des juges étaient encore aux ordres. De quoi éclairer d'un jour cru le jeu mortel auquel se livrent aujourd'hui juges et politiques alors que ne cesse de se creuser l'écart entre jugement moral et vérité judiciaire.
Frédéric Ploquin est journaliste, il a publié avec Jacques Derogy ils ont tué Ben Barka (Fayard, 1999) et, avec Éric Merlen, Contribuables, vous êtes cernés ! (Seuil, 2000).