Blessé au cours d'un braquage, poursuivi par la police, Dixon trouve refuge par hasard chez Elias, un prof d'histoire du New Hampshire. Ayant surpris ce dernier dans une situation embarrassante, Dixon le fait chanter et l'oblige ainsi à l'aider. Pendant plusieurs jours les deux hommes vont cohabiter et construire une relation étrange, entre méfiance, provocations et confidences. Denise, une fliquette séduisante, un peu désabusée parce qu'elle n'arrive pas à obtenir la promotion qu'elle mérite, va s'immiscer dans ce duo improbable.
Malgré les apparences (un braqueur, un otage, un agent du FBI), "Une canaille et demie" tient plus du roman noir que du polar. Les repères traditionnels tombent rapidement, on se prend d'emblée d'affection pour le braqueur qui rêve d'une existence simple et tranquille, alors que l'otage se révèle un petit être pathétique, arriviste et sans morale. La confrontation entre les deux hommes est très bien menée, et comme dans son précédent roman ("Un petit boulot"), Ian Levison sait manier le poil à gratter : il dénonce encore ici les écueils d'une société dans laquelle les dés sont pipés si l'on naît du mauvais côté de la barrière sociale, pauvre ou femme. "Une canaille et demie" n'a pourtant pas le mordant d'"un petit boulot" (que je vous recommande!) et manque parfois de rythme et d'intensité. Peu importe, ce roman original, et qui ne manque pas d'humour, permet de passer un très bon moment, et Ian levison (qui n'a étrangement pas trouvé d'éditeur aux Etats-Unis pour ce livre) est vraiment un auteur à découvrir!