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Loin de vouloir faire l'apologie du grand banditisme, j'aime les destins hors du commun, 18 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une femme au coeur du grand banditisme (Broché)
Loin de vouloir faire l'apologie du grand banditisme, j'aime les destins hors du commun, les gens qui vont au bout d'eux même, malgré tout, malgré eux. Sans voyeurisme malsain ni morbide, sans fascination pour l'interdit, mais juste pour comprendre l'instant où une vie peut basculer de l'autre côté du miroir. Mais j'aime aussi comprendre pourquoi certains franchissent le cap de la marginalité par choix ou par hasard, et comment ; saisir l'instant où tout balance et pourquoi la normalité vacille, le point de non retour. Une fracture que j'aime sentir et dont j'aime ausculter les tenants et les aboutissants. Tous ne sont pas mauvais dans le fond, ils grandissent différemment des autres, en marge, parce que les faits les conditionnent ainsi, et prennent d'autre valeurs. La vie devient alors un conte presque irréel, un envers du décor comme nous le montre certains films de série B. Pour ces gens là, c'est simplement la vie de tous les jours, avec ses incohérences, ses amours et ses croyances, quelles qu'elles fussent, ils les assument jusqu'à en être fiers.
Puis un jour, un déclic, une rencontre fait basculer les certitudes, les révoltes et les peurs, et les yeux s'ouvrent sur un monde nouveau. L'intelligence est infinie, pleine de ressources et l'homme s'amende. Le discernement l'amène à penser, son expérience l'enrichit, ses échecs le grandissent.
Là encore, l'homme se montre comme un paradoxe vivant, éternel compromis entre la raison et la folie, parce que c'est aussi ce qui le différencie de l'animal.
Ces destins d'exception n'appartiennent pas forcément aux enfants de marginaux, il suffit parfois de peu pour qu'ils se concrétisent, même dans les meilleurs milieux. Lorsque l'on pose le pied sur la frontière, l'on entre dans une spirale où l'anormalité devient vite une normalité, ne serait-ce que pour survivre, parce qu'on n'a pas d'autre alternative. Sans effet freinateur à cet instant, la vie bascule vers l'irrémédiable. C'est un monde parallèle avec ses codes et ses propres lois, son sens du droit et de l'honneur, avec sa moralité singulière et ses interdits. C'est aussi un univers dont l'on peut revenir, qui permet de franchir l'espace temps entre le matériel et l'immatériel, et dont les cicatrices infligées ou reçues, à jamais ne peuvent se gommer.
Nous somme tous des repris de justesse ! La raison a ses raisons que la raison ignore...
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