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Les romans de Christian Oster ressemblent à un écheveau : on tire sur un bout du fil et toute la pelote se dévide et se met à plat. Ici le fil est une de ces étiquettes détachables que l'on trouve dans les magasins, et sur lesquelles des gens ont inscrit leur numéro de téléphone pour proposer des heures de ménage, du baby-sitting ou des cours particuliers. Jacques qui vient d'être abandonné par Constance cherche une femme de ménage. Sans intention particulière : "Pas de problèmes, une désespérance en fin de course, un métier, une femme de ménage, il ne me manquait plus que le bonheur." Dès qu'il a tiré sur la petite étiquette l'engrenage se met en route pour l'entraîner beaucoup plus loin que prévu. À cause d'un grain de poussière on se retrouve sur le sable et la mécanique tranquille de la vie quotidienne a vite fait de se gripper. L'humour de Christian Oster consiste à banaliser à l'extrême les drames de la vie ordinaire, comme une rupture sentimentale, la solitude, la peur de la mort et, en refusant tout pathétique, à les rendre à la fois plus humains et en définitive plus poignants.
--Yves Bellec
--Ce texte fait référence à l'édition
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Jacques cherche une femme de ménage. Cest de cet événement somme toute banal de la vie du narrateur que démarre lintrigue de ce deuxième roman de Christian Oster. Il faut dire que derrière la volonté du personnage de mettre de lordre dans son appartement, il y a un désir plus profond de rompre avec le passé.
Constance, sa compagne, vient en effet de le quitter. De la relation employée-employeur entre Jacques et une certaine Laura, jeune femme paumée un brin étrange dont il trouve le numéro dans une boulangerie de quartier, naîtra un sentiment de dépendance. Mais par-delà les relations entre les différents personnages de lintrigue, qui savéreront plus compliquées quil ny paraît, cest surtout du sentiment de brisure que nous parle Christian Oster. Dans un style quon dirait largement emprunté à Marguerite Duras, fait de phrases courtes sans être lapidaires, de retours en arrière, de mots laissés pour compte qui reviennent, tels des litanies, Oster dépeint une intériorité. Une introspection qui savère rapidement une manière dêtre étranger à soi-même.
Romancier des petites choses du quotidien, de limpalpable, il laisse comme un sentiment de manque dans lécriture. La phrase hachée nest pas vraiment une ellipse, une façon pudique de se raconter, mais plutôt un vide, aseptisé. Un peu à la manière de lécriture blanche dun Camus, en moins réussi, semble-t-il. Jacques sennuie. Le parti pris de Christian Oster est peut-être aussi de nous faire partager ce moment... --
Chloé S.--
--Ce texte fait référence à l'édition
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