Le métamorphe Bora Horza Gobuchul se voit confier par les Idirans, une race extraterrestre, la mission de récupérer un ordinateur pensant sur une planète dont l'accès est interdit par une race alien supèrieure. Voici la promesse de ce livre, clairement exprimée dans les 50 premières pages.
L'univers de la Culture, ses robots pensants, ses champs magnétiques délicats, ses structures cyclopéennes qui défient l'imagination, sont assez peu présentes dans le livre. Je dirais qu'il y a 25% de space opera vraiment imaginatif, qui transporte le lecteur à la manière de
Star Wars - L'intégrale de la saga - Coffret Collector 9 Blu-ray [Blu-ray]. C'est la marque distinctive de Iain Banks, qui lui vaut d'être comparée à Asimov.
En revanche, le coté obscur de l'écriture de Iain Banks, c'est qu'il est un piètre artisan. L'intrigue du livre conviendrait très bien à un ouvrage de 200 pages, mais ici il y en a 600. Cela veut dire qu'il y a 400 pages de remplissage où le héros est soumis principalement au hasard et à la malchance. L'intervention dans le temple, puis l'échouage sur une plage, n'apportent rien au récit si ce n'est de repousser dans le temps la suite de l'intrigue principale. La fin est horripilante, avec 70 pages précédant une collision et une quantité incroyable de changements de narrateurs et de redites, certains paragraphes indépendants faisant 5 lignes au plus. A la page 533 un des protagonistes, Aviger, retourne seul au vaisseau, mais quelques paragraphes plus tard il n'a pas quitté l'équipe. Pire encore, sur la fin le personnage de Horza agit bêtement en desserrant les liens de la grosse bêbête méchante, ce qui permet certes d'ajouter un ressort dramatique à une histoire plate comme une limande, mais est en totale contradiction avec la psychologie du personnage.
Le style que l'on pourrait qualifier d'interminable de Iain Banks est le même que dans
L'Usage des armes et
L'homme des jeux. Des 3, je pense que c'est
L'homme des jeux qui est le mieux écrit. Il faut commencer par celui-là pour découvrir cet auteur et décider si l'on est prêt à accepter ses défauts d'écriture en contrepartie des fulgurances - hélas trop courtes en termes de pages - de son imagination.