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Sur une trame aussi noire, on pourrait s'attendre à une écriture fort austère, mais loin s'en faut : Martin Page cultive des métaphores et trouvailles heureuses qui tirent le texte du côté de la rêverie surnaturelle et poétique. Si le monde contemporain paraît absurde, vu par cet employé modèle qui n'arrive pas à mettre fin à ses jours et passe son temps à écouter un quatuor de mariachis mexicains reprenant les standards des Beatles, il est aussi le lieu d'un décalage permanent. "Superman déguisé en Clark Kent", l'éternel suicidaire n'est-il pas parvenu par exemple à cultiver un "jardin intérieur", au sein d'un immeuble dédié au béton et au métal ? Une révolte discrète qui ira chez l'impétrant jusqu'à passer une semaine de vacances dans son ascenseur ! Clin d'œil nonchalant au film de Bill Murray, Un jour sans fin, Une parfaite journée parfaite se décline comme une douce folie que bercent de multiples références musicales. Une folie qui n'est autre que celle de notre société de consommation, épinglée ici avec malice par un enfant terrible de la littérature française. Ce deuxième roman renforce à souhait l'univers de Martin Page et en fait un romancier joyeusement mélancolique qu'on n'a certainement pas fini d'apprécier. --Frédéric Grolleau --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
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Commentaires client les plus utiles
13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Ô rire, ô désespoir !,
Par Un client
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une parfaite journée parfaite (Broché)
Comme chaque jour, le héros d'Une parfaite journée parfaite se réveille et se suicide. Il meurt puis se rase, une occasion de se trancher la carotide, meurt puis se prépare un cocktail de barbituriques pour le petit déjeuner... Et ainsi va sa vie ! Mal adapté à la réalité, il déploie des trésors d'ingéniosité pour mettre fin à ses jours régulièrement avec succès. Condensé d'humour noir et absurde, le nouveau livre de Martin Page vous fera rire de la triste réalité. Si Roland Topor était encore de ce monde, il aurait illustré ce roman acide et imaginatif à la perfection. On pense aussi à Boris Vian, à Glen Baxter.
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27 internautes sur 30 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
de l'art de s'achever soi-même pour ne pas ETRE achevé...,
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"Une parfaite journée parfaite" est le second roman de Martin Page, jeune auteur azimuté également responsable d'un premier bouquin au titre évocateur : "Comment je suis devenu stupide".Dans ce deuxième opus, Page nous invite à partager la journée type d'un type qui passe le plus clair de son temps à se suicider et ce, dès le saut du lit, par exemple, d'une bonne décharge de 357 Magnum dans la tête : "Quitte à perdre quelques minutes de sommeil, je préfère me tuer avant les informations. Après, ça va mieux..." enfin, au moins jusqu'à sa petite toilette du matin où il se tranche le cou à l'aide de son rasoir trois lames.. Son toubib, un original lui aussi, lui annonce qu'il héberge un grand requin blanc dans son corps, et ainsi de suite... Martin Page caresse son lecteur avec un gant de crin et le biberonne d'un explosif cocktaïl à base de ciguë et d'humour anthracite. Un gars bizarre que cet anti-héros des temps modernes, un tendre agité du bocal, atypique, asocial mais tellement attachant, un être improbable qui n'a de cesse de s'interroger sur la vie, l'univers et le reste et d'élaborer moult théories plus abracadabrantes les unes que les autres mais non dénuées de clairvoyance et de piquant. Car c'est avec tout son big bazar de cynisme et d'absurde que le narrateur - et donc l'auteur - nous livre sa vision délirante de notre désolante société de consommation et de ses inepties à travers, notamment, cette holocauste des objets [...] qui ne semblent "contruits que pour se détruire juste après la fin de la garantie", lui qui combat le « neuf » et condamne ce "monde primeur sans passé et sans la mort pour avenir". La mort traînaille un peu partout dans les pages du livre de Martin, une mort moquée, désacralisée, qui a le goût de fraise, le goût d'un sirop pour la toux... où l'on court au suicide comme on utilise son grille-pain, chaque matin. C'est sur la pente douce de cette mort cadencée, ritualisée, que l'auteur nous entraîne ; son terrain de jeu favori : le suicide banalisé, systématique comme un exutoire à cette triste vie. Car c'est bien de cela dont il est question dans ce livre : de l'art de gentiment s'achever soi-même pour ne pas être achevé. Mort de l'être social, hologramme de citoyen, notre « héros » loue les services d'un acteur pour le représenter en société son « mieux-moi » beaucoup plus doué que lui, s'invente une femme, des enfants - tout l'arsenal d'une vie « normale » en somme - se réfugie dans les chansons d'un groupe de mariachis ou dans la poésie d'Emily Dickinson. Activiste ( ?), il pratique à sa façon le terrorisme... musical et poétique. Martin Page s'exerce à extrapoler le décalage qu'il ressent entre son humeur de tous les jours et l' « horreur sociale » dans toute sa splendeur : "j'ai réussi ma vie parce que je n'ai pas réussi à vivre." Martin Page a réussi son livre, son personnage. Il s'est fabriqué sa petite cosmogonie portative. Son livre est un libre défouloir jubilatoire qui fourmillent d'idées et de pensées joliment tordues. Henry BES Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
15 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
L'art du sucide,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une parfaite journée parfaite (Broché)
Sans doute moins réussi que "Comment je suis devenu Stupide", "une parfaite journée parfaite" n'en demeure pas moins un bon livre sur l'inutilité du quotidien. Mais malgré nombres de bonnes idées on n'arrive pas a rentré totalement dedant, peut-être est-ce du a la noirceur imposée par l'auteur ?Je conseillerai plutot le premier livre de Page pour ceux qui veulent se faire une opinion plus prononcé sur l'humour et l'imagination de l'auteur. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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