Xiao Li grandit dans la Chine rurale de Mao. Son père, cadre du parti communiste, sera mis sur la touche lors de la Révolution culturelle.
Remarquable oeuvre d'un des rares artistes chinois à avoir fait de la BD (au sens de "roman graphique" et non de manga) son gagne-pain, manifestement autobiographique. L'impression qui se dégage de ce premier volume est celle d'une effroyable gâchis, d'un pays et de ses habitants mis à mal par une dictature aliénante et auto-destructrice. Famines, meurtres politiques, camps de rééducation, rien ne sera épargné à nos héros... et rien ne semble doucher leur enthousiasme pour le Grand Timonier Mao. Peu-être faute d'alternative possible ?
Une vie chinoise est un livre non seulement très réussi par sa capacité narrative et par son dessin inspiré des estampes (un cliché quand on parle d'auteurs asiatiques mais ici parfaitement justifié) mais aussi utile pour nous rappeler ce qui s'est passé dans la Chine des années 50 à 70, qui aurait pu durablement détruire ce pays, que les maoïstes français d'alors ont soigneusement caché et que les jeunes d'aujourd'hui ignorent grandement.
Mais la réussite du livre, résumée par son titre, est aussi qu'elle reste à hauteur d'homme : Xiao Li, sa mère et sa soeur, leurs amis et famille, mais surtout la figure du père, sévère, juste et rouage ébréché par la révolution.