Je ne sais pas trop comment m'y prendre pour évoquer les sentiments qui sont venus à moi lors de la lecture de cet excellent roman mais par contre, je suis certain que mon petit laïus ne sera pas à la hauteur de l'écriture de Jean-Paul Dubois. La qualité littéraire dont fait preuve l'auteur participe en effet grandement à l'extrême intérêt que l'on porte, dès la première page, à cette vie française. L'écriture est vive, précise, finement adaptée aux situations. En clair, le style est parfait.
Dans "une vie française", les émotions sont exacerbées et l'on passe avec une égale profondeur, de la joie aux larmes, de la légèreté à la noirceur la plus opaque. L'histoire de Paul Blick, narrateur de sa vie et de celle de ses proches, mâtinée des évènements marquants de la Vème république qui naît avec le début du récit, le jour de la mort de Vincent, le frère de Paul, nous ramène inlassablement à nous-même et, même si elles peuvent être sensiblement différentes de celles de Paul, à nos propres expériences. Il est à noter que les faits historiques relatés dans ce roman tels que, par exemple, l'arrivée des téléviseurs dans les foyers, mai 68, la légalisation de l'avortement, la mort de Franco, la dernière exécution avant l'abolition de la peine de mort, l'arrivée au pouvoir des socialistes, le faux charnier de Timisoara, le première guerre en Irak, les grèves de 95, etc..., contribuent énormément à nous rendre familière la vie de Paul Blick et à tisser des liens entre lui et nous, lecteurs français ( et ce, indépendamment de notre âge).
"Une vie française" a obtenu le prix Femina 2004. Je savais que les filles avaient bon goût. J'en ai maintenant une preuve irréfutable.