Présentation de l'éditeur
La littérature est pour Maurice Nadeau une passion de la découverte et de l'effacement de celui qui rend visible l'écrivain qu'il révèle. C'est là sa modestie, déconcertante à une époque où la société du spectacle développe et amplifie le narcissisme des écrivains, vedettes de shows télévisés. C'est là aussi son orgueil. Maurice Nadeau est toujours, aujourd'hui comme hier, au commencement de l'aventure littéraire, écrivant le premier dès la parution du premier livre d'un écrivain qu'il porte en quelque sorte sur les fonts baptismaux de la littérature. Les écrivains dont il a parlé et qu'il a édités sont devenus des classiques de la littérature du XXe siècle. Que ce soient Céline, David Rousset, Robert Antelme, Bataille, Louis Guilloux, Beckett, Michaux, Queneau, Leiris, Nathalie Sarraute, Claude Simon, Roland Barthes ou Koestler, Malcolm Lowry, Miller, John Hawkes, Gombrowicz, Bruno Schulz, Sciascia, Bianciotti... La série est incomplète et déjà elle donne le vertige. Témoin et accoucheur de la littérature, Maurice Nadeau a passé sa vie dans l'attente de l'événement qu'il capte avec ses antennes de lecteur éclectique et passionné, qu'il pressent avec son flair de chasseur de grand gibier. Il a passé littéralement sa vie, en amont et en aval du livre, comme artisan du journal auquel il collabore, de la revue, puis du bimensuel, qu'il dirige, comme critique qui n'écrit que sur les uvres qu'il aime, comme éditeur libre de ses choix en avance sur son époque. Ces Conversations montrent un Maurice Nadeau qui a rapproché des hommes de leur utopie et le réel du rêve accompli d'être présent aux autres. Comme si lire et donner à lire était aussi donner à vivre, à la hauteur du roman de la vie toujours à réinventer.
Présentation de léditeur
Militant trotskyste en 1933, Maurice Nadeau entre aussi la même année en journalisme, puis en littérature. D'un grand journal (Combat) à des hebdomadaires (France Observateur, L'Express), d' une revue à l'autre, d'un éditeur à l'autre, le militant de la littérature est le lecteur, le critique, le découvreur et parfois l'éditeur de quelques-uns des plus grands écrivains de la seconde moitié du XX° siècle, dont il est souvent devenu l'ami. Ainsi David Rousset, Henry Miller, Malcolm Lowry, Gombrowicz, Maurice Blanchot, Samuel Beckett, Henri Michaux, Roland Barthes, Michel Houellebecq ... Maurice Nadeau est toujours aujourd'hui l'artisan et le concepteur de "La Quinzaine littéraire" et des éditions Maurice Nadeau. Pas de jour sans lecture d'un livre, d'un manuscrit, sans désir de partager, de communiquer, de vivre en littérature. On découvrira dans ses entretiens avec Jacques Sojcher l'histoire de cette passion généreuse, avec en toile de fond la grande histoire d'un siècle de littérature. Jacques Sojcher est directeur de la Revue de l'Université de Bruxelles, pour laquelle il a dirigé les numéros "La Belgique malgré tout" (1980) et "Belgique toujours grande et belle", en collaboration avec Antoine Pickels (1998). Professeur de philosophie et d'esthétique à l'Université libre de Bruxelles, écrivain, il a notamment publié "Nietzsche : La question et le sens" (rééd, Bruxelles, Ancrages, 2000; suivi de "Nietzsche ou Levinas : Une confrontation intempestive").