Je suis personnellement de ceux qui pensent que la peine infligée à Maxime Brunerie était excessive et inadaptée.Je me suis donc réjoui qu'il soit libéré et puisse envisager de passer à autre chose, ce à quoi la rédaction d'un livre pourrait et devrait l'aider. Et le titre était prometteur d'un récit simple, sobre et sans fioritures, sans tabous ni exhibitionnisme non plus. Echec sur toute la ligne, malheureusement. D'abord parce que le récit escamote les questions relatives à l'enfance, au milieu familial, aux relations avec l'école, à la forrrmation des idées dans la tête de ce garçon (idées sur la virilité, sur la pureté, sur les femmes, sur ce qui est et ce qui doit être... cela fait beaucoup de choses non écrites, et pourtant certainement pensées: pourquoi cette (auto)censure? Ensuite parce que l'auteur cherche à combler ce vide en écrivant un énième récit sur la vie carcérale, ce qui était sans doute inévitable mais aboutit à déséquilibrer et à fausser l'ensemble. Anfin et surtout, parce que celui qui tient la plume nous gratifie de ce qu'il croit être des trouvailles verbales, genre "je me sape propret", "les VRP de la guerre US", au moins une brique dans les fouilles", "les processions laïques", etc, je prends vraiment au hasard.Cette faconde verbale, qui vire volontiers à la grossièreté pure et simple, prouve que sur le plan de l'écriture en tout cas, l'auteur (Maxime ou sa plume) n'a pas rompu avec les procédés rhétoriques de l'extrême-droite. Et c'est vraiment dommage de voir cette peu exigeante jouissance verbale, avec tout le ressentiment qui s'y cristallise, faire écran et tout au moins obstacle, à ce qui se voudrait une authentique remise en question.