Il faut lire Une vieille maîtresse. Barbey, que l'on ne connaît trop souvent qu'à partir des Diaboliques, mérite cette lecture. Considéré comme un auteur conservateur de son vivant (du moins sur le tard), Barbey n'a pas manqué de déferler la chronique avec ce roman jugé scandaleux, parce qu'il raconte dans ses moindres détails l'histoire d'un dandy (assez similaire à l'auteur) partagé entre un amour céleste pour sa ravissante fiancée et un désir terrestre pour un fameux laideron à qui il est attaché comme on reste attaché à ses souvenirs d'enfance. Jusque là, rien de très novateur. mais ouvrez la première page de ce roman et vous serez saisi par le réservoir de capacité littéraire de cet auteur. C'est du Balzac en cent fois plus puissant, et n'importe quel littérateur en herbe devrait prendre ses leçons chez Barbey ! L'amour, la nature, la beauté, la laideur, la passion, le sang, tous les ingrédients classiques du roman y sont transfigurés par l'usage que fait Barbey de la figure de style: METAPHORE.