Edouard Balladur, chantre du modèle financier américain (systèmes de retraite par capitalisation, fonds de pension, qu'il voulait baptiser "à la française", après sa (dé) confiture des "noyaux durs" des sociétés privatisées), nous en remet une belle couche sur la nécessité que devrait prêter l'Europe aux Etats-Unis.
Après avoir rappelé des qualités évidentes, à ne pas oublier, communes entre les nations occidentales (démocratie, liberté, histoires communes, droits de l'homme - mais que fait-on de la peine de mort ?), avec les nuances de circonstance (place de la religion dans la vie publique marquée aux Etats-Unis à la différence de l'Europe), Balladur propose son remède à la manière d'un copier - coller de fiche de route de la CIA :
1/ S'unir dans le monde du chaos (terrorisme, incertitudes),
2/ Collaborer à la création d'un espace atlantique.
Deux faibles s'unissant (populations vieillissantes des Etats-Unis et de l'Europe) dans un "espace atlantique" donneraient un être plus fort à condition que l'Europe s'organise, se renforce en "cercles concentriques".
Balladur géomètre ?
Ce politicien sur la descente, propose donc la création d'une Union occidentale sur le modèle d'une "fédération atlantique" dont l'OTAN serait le fer de lance.
Balladur en atlantiste craint la Russie, la méprise et y milite pour la résurgence - qui avait légitimé chez certains (pas les gaullistes), l'OTAN- d'une inimitié fondamentale avec les Russes.
Balladur n'a rien compris. L'Europe doit penser la Russie. L'Europe doit se construire hors le joug militaire américain. Alliés les Américains appartiennent à une autre Nation. Comment cela se fait-il que cette qualité soit oubliée ? Les deux ministres actuels Kouchner, Lellouche et autres atlantistes bourrent le crâne des citoyens français.
A Balladur le mot de De Gaulle s'applique de circonstance : "La vieillesse est un naufrage".