Ce commentaire concerne les deux premières saisons du feuilleton.
Tara Gregson (que joue la talentueuse actrice australienne Toni Collette -'Muriel', 'Sixième sens', 'The hours', 'In her shoes', 'Little Miss Sunshine- qui n'est pas vraiment un modèle de beauté, mais qui par contre est littéralement bluffante dans le rôle) est une mère de famille (elle a un mari paysagiste et deux enfants, une fille et un garçon) qui souffre d'un trouble dissociatif de l'identité : elle se transforme, sans prévenir et d'ailleurs sans le savoir elle-même à l'avance, à chaque fois qu'elle connaît une situation de stress, en d'autres personnes qui cohabitent en elle et prennent donc parfois le dessus sur sa personnalité de départ et principale.
Ces changements-minute de personnalité créent bien évidemment des situations parfois drôles, mais souvent surtout pénibles ; non pas tant pour Tara d'ailleurs, qui vit à chaque fois pleinement et de façon en général satisfaisante les interventions de ses alter-ego, mais soit pour son mari, qui est quand même souvent dépassé par les évènements, soit pour ses enfants : sa fille de 19 ans, très indépendante, déjà sexuellement active et qui n'apprécie pas exagérément que d'avoir une mère qui, aux yeux des autres en tout cas, passe pour être folle ; mais aussi son fils de 14 ans, homosexuel, très sensible et surtout préoccupé par le fait d'arriver à préciser son identité sexuelle ; sans oublier la s½ur de Tara, qui vient souvent à la rescousse, mais ne croît pas trop à la réalité de la maladie de sa s½ur, car enfant déjà celle-ci savait accaparer l'attention de leurs parents à son détriment à elle.
Les autres personnalités de Tara sont au nombre de 4 au début :
- Buck le camionneur , un 'vietnamvet' : le type même du macho qui ne pense qu'à satisfaire son appétit sexuel et donc drague 'les filles'...
- Alice, la mère de famille d'antan (style 'Mad men', années 50/60), une fée du logis comme on n'en fait plus depuis longtemps et donc complètement à côté de la plaque par rapport au monde d'aujourd'hui
- T., une adolescente délurée qui serait le cauchemar de n'importe quels parents à peu près normaux
- Gimme, un animal dont on ne sait pas grand-chose
S'y rajoutent dans la 2° saison :
- Soshana Schoenbaum, une psychanalyste baba-cool qui va carrément psychanalyser Tara (c'est un concept un peu difficile à comprendre)
- Cocotte, Tara à l'âge de seulement 5 ans
Dans cette 2° saison, Tara commence de voir (mais sans que personne d'autre ne puisse les voir également) ses personnalités annexes et du coup, elle leur parle, entame un dialogue et commence de progresser dans la compréhension de sa maladie (mais là encore le concept n'est pas évident à accepter).
Par contre, il faut reconnaître que dans cette 2° saison, les scénaristes peinent à faire progresser véritablement Tara et donc se concentrent plus sur les personnages annexes: la soeur de Tara, qui a la voix française de Mary-Louise Parker dans 'Weeds' et qui joue un peu le même type de personnage; le fils gay qui commence de s'émanciper; mais surtout la fille qui est particulièrement touchante en Princesse Walhalla.
Ceci dit, cela fait que 'UST' se banalise du coup et devient une série familiale presque comme les autres avec juste un personnage de mère un peu différent. Nous verrons si les auteurs du feuilleton arriveront à maintenir notre intérêt dans la saison suivante le moment venu.
Créée par Diablo Cody, la scénariste de 'Juno' comme de 'Jennifers'body' et quand même produite par Steven Spielberg et ce pour 'Showtime' ('Queer as folk', 'The L word', 'Dexter'), 'UST' est un feuilleton-série de chaque fois 12 épisodes de 26mn (dont la troisième saison est en cours de diffusion aux USA).
Si vous aimez les feuilletons et séries qui sortent du lot, sont véritablement originales, drôles et intéressantes, voire décapantes par moment, ne manquez surtout pas ce rendez-vous avec la très perturbée et très perturbante Tara et faites surtout bien attention à ne pas devenir comme elle un patchwork de personnalités après vision des saisons.