Clapton a tout connu, tout d'un coup, à la mort de son fils, il perd tout...dès lors que faire ?
Tomber dans la déprime en se demandant tous les jours pourquoi c'est son fils qui est parti et non lui qui a vécu tous les abus (drogues, alcool, femmes à tirelarigot) ? S'acheter un Kalachnikof et se tirer une balle ? ou se faire moine Trappiste sur une île en Gréce ?
Mais Clapton avec son flegme britannique s'accroche à la barque, sort sa guitare en bois et rejoue le Blues, le vrai, celui qui file le frisson quand on l'écoute, le Blues, Man ! Celui du Delta, des âmes torturées, des Hommes qui ont vécu et qui connaissent le prix de la vie, celui des Hommes qui ne trichent plus.
Donc, le jour de ce concert Clapton est à la ramasse, mais il ne montre rien. Son groupe qui l'accompagne le sait bien, alors, chacun se met au petit soin pour lui. Rythmique compacte, pas d'artifices, seconde guitare en accord parfait, piano impeccable, tout roule comme sur un bain d'huile pour que Clapton exorcise sa peine. et ça fait mal ! Pour l'auditeur aussi.
Tous les morceaux s'enchainent à la perfection, l'émotion est implacable, la tension palpable, pas un mot dans le public sauf à la fin des morceaux ou c'est un tonnerre d'applaudissements. Clapton se détend au fur et à mesure, l'exorcisme fonctionne, "Layla" marque le tournant, "Runnin' on faith" revigore, "Walking blues" est stupéfiant, "Alberta" et "San Francisco.." emballent tout, "Mother milk" et "Old love" nous replongent, "Rollin' & tumblin'" termine le tout en roue libre. Clapton est guéri, nous aussi, la vie peut continuer...keep on rollin'.
Ce Live est a graver sur les tablettes Sumériennes, après ce concert Clapton a enfin rejoint ses icônes Ray charles, Robert Jonhson, tous les Kings, Muddy Waters...et quelques autres. Bien sûr il ne rejouera plus comme ça sur tout un concert, mais c'est pas grave, il l'a fait et nous, nous pouvons l'écouter, le ré-écouter pour découvrir un peu du secret des vrais génies musicaux.