Comme toujours, Peter Gabriel a pris un peu d'avance sur ses contemporains. La version de UP en SACD n'est pas un remixage agrémenté d'effets surround, comme c'est parfois le cas sur certains SACD. Ici, l'album a été pensé, réalisé et mixé pour ce support.
Qu'est-ce que ça change? Tout. Après avoir écouté la version multichannel de ce SACD, il m'est difficile de revenir à la version stéréo de l'album, comme s'il ne s'agissait pas exactement du même album. PG a su éviter tous les pièges de ce type d'entreprise, encore un peu risquée à l'heure actuelle: pas d'effet surround cheap, ni de mise en scène tape-à-l'oeil. Ici, chaque effet, chaque mixage est pensé dans l'économie du morceau. Tout devient surprenant, car inattendu, et sans facilité.
Et qu'on ne voit pas en PG un obsédé stérile de la technologie: parceque s'il a eu envie de se lancer dans la production d'un album comme celui-là, c'est effectivement que d'après lui, il ressentait à nouveau l'émerveillement qu'il a ressenti la première fois qu'il a pris conscience de la stéréo (dans ses jeunes années); d'un autre côté, il déclare avec malice ne posséder chez lui qu'un système mono: prétendument parce que sa compagne trouve tout le reste bien trop encombrant et inesthétique! Outre l'anecdote, celà montre ici combien PG n'oublie pas ces autres nécessités de la musique: l'écriture, la composition, la mélodie, le rythme.